Cameroun : Paul Biya candidat à sa propre succession

Temps de lecture :
Cameroun : Paul Biya candidat à sa propre successionPaul Biya lors de son discours à la Nation à l’occasion de la fin d’année 2023 et du Nouvel An 2024 © DR
A A A A A

Le président camerounais Paul Biya, 92 ans, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025. Au pouvoir depuis près de 43 ans, il tentera de battre son propre record en brigant un huitième septennat. Sur son compte X (anciennement Twitter), il a déclaré : « Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés ». Cette déclaration confirme la volonté du chef de l’État de rester à la tête du pays, malgré les critiques croissantes et les appels à une transition politique.

Lire aussi : Cameroun : Paul Biya, de retour après sept semaines d’absence

Cette candidature intervient dans un contexte tendu au sein du camp présidentiel. Plusieurs proches de Paul Biya ont pris leurs distances ces dernières semaines. Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a quitté le gouvernement pour se présenter à la présidentielle sous les couleurs du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC). Autre départ notable : celui de Bello Bouba Maïgari, ancien Premier ministre et leader de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), parti historiquement allié à Biya, qui a lui aussi annoncé sa candidature.

Ces défections traduisent une érosion de l’unité au sein du pouvoir. Pour tenter de resserrer les rangs, le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, a convoqué début juillet des concertations avec les élus et ministres des dix régions du pays.

Une opposition déterminée

En face, l’opposition s’organise. Maurice Kamto, principal rival de Paul Biya lors de la présidentielle de 2018, est déjà en lice, tout comme Cabral Libii, autre figure majeure de l’opposition. Le dépôt des candidatures reste ouvert jusqu’au 21 juillet, dans un climat politique électrique. Le scrutin à venir s’annonce crucial pour l’avenir du Cameroun

Recommandé pour vous

Soudan : pressions internationales pour reconnaître les responsables de la famine et des violences sexuelles

Politique - Vingt-neuf États occidentaux réclament des enquêtes indépendantes sur les violences, la famine et les agressions sexuelles au Soudan.

Libye : un « business » de l’exploitation des migrants dénoncé par l’ONU

Politique - Un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme décrit en Libye un système d’abus institutionnalisés contre migrants et réfugiés.

L’ONU sollicite 1,6 milliard de dollars pour venir en aide aux réfugiés soudanais

Politique - Les Nations Unies lancent un appel de 1,6 milliard de dollars pour soutenir 5,9 millions de réfugiés du Soudan en 2026.

Niger : un haut responsable militaire évoque « une guerre avec la France », Paris dément

Politique - Lors d’un rassemblement organisé dans la capitale, le général Amadou Ibro a lancé des propos qui ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux : « sachez que nous allons entrer en guerre avec la France », a-t-il déclaré devant des milliers de jeunes, suscitant des applaudissements et des chants hostiles à l’égard de la France.

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.
pub