Burkina Faso : les troupes françaises ne sont plus les bienvenus

Temps de lecture :
Burkina Faso : les troupes françaises ne sont plus les bienvenusPlusieurs manifestations ont récemment eu lieu à Ouagadougou pour exiger le retrait de la France de ce pays sahélien. © [OLYMPIA DE MAISMONT / AFP]
A A A A A

Le gouvernement militaire du Burkina Faso exige le départ des troupes françaises du pays, dans un délai d’un mois. Selon l’Agence d’Information du pays (AIB), cette décision se conforme aux dispositions de l’accord de 2018. Ce dernier régissait la présence des forces armées de l’Hexagone sur le territoire burkinabé. Mais aujourd’hui, le gouvernement militaire dénonce cet accord et souhaite le dissoudre.

Il reste encore 400 forces spéciales françaises au Burkina Faso pour aider à combattre les groupes terroristes d’Al-Qaida et de Daesh. Cependant, vendredi dernier, les habitants de la capitale Ouagadougou ont manifesté contre la présence des troupes françaises dans le pays. Ils ont brandi des pancartes avec des slogans tels que « L’armée française quitte notre maison » et « Amitié Burkina-Russie ». Certains ont même levé les drapeaux nationaux du Burkina Faso et de la Russie.

Ces protestations interviennent en réponse à l’accusation du gouvernement burkinabé d’avoir invité des mercenaires de la société privée russe Wagner. Des allégations que les autorités burkinabées ont qualifiées de « très graves ». Notons que la France, ancienne puissance coloniale, est présente dans la région depuis 2013 pour lutter contre les groupes terroristes.

En août 2014, l’opération Barkhane a remplacé l’opération Serval. Une initiative anti-terroriste mise en place par la France pour combattre le terrorisme dans les pays du Sahel, dont le Burkina Faso. Puis en juin 2021, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que cette mission serait remplacée par un effort plus international. Il a souligné que les troupes occidentales ont commencé à se retirer du Mali en février de l’année dernière, mais restent encore au Burkina Faso.

Par ailleurs, le 24 janvier 2022, l’armée burkinabée a pris le pouvoir. Elle a ainsi renversé le président Roch Kaboré et dissout le gouvernement et le Parlement. La junte a par la suite suspendu la constitution et fermé les frontières. Et le nouveau leader du pays est devenu le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba. Cependant, le leadership de Roch Kaboré s’est avéré de très courte durée. Un nouveau coup d’État dans le pays en octobre 2022 l’a écarté du pouvoir, laissant place à Ibrahim Traoré, nouveau président du Burkina Faso.

Recommandé pour vous

2025 : l’Afrique entre résilience macroéconomique, fractures sociales et recomposition politique

Politique - Analyse des fractures sociales et politiques sur l'année 2025 en Afrique, révélant la résilience macroéconomique en 2025.

Somalie : Mogadiscio vote pour la première fois depuis près de 60 ans

Afrique - Pour la première fois depuis des décennies, Mogadiscio renoue avec le vote direct, sous surveillance renforcée, dans un contexte politique tendu et contesté, sécuritaire actuel.

L’Algérie adopte une loi criminalisant la colonisation française

Afrique - Adoptée à l’unanimité, une loi algérienne criminalisant la colonisation française ravive le contentieux mémoriel et risque d’aggraver des relations déjà très dégradées avec Paris.

Guinée : suspension d’Africa 24 à l’approche de la présidentielle

Politique - Le régulateur médiatique suspend Africa 24 à l'approche des élections. Analyse des impacts sur l'information en Guinée.

Le Nigeria serre la vis sur les exportations de bois

Politique - Le gouvernement nigérian lutte contre la déforestation avec une interdiction totale sur les exportations de bois et dérivés.

Sécurité régionale : la CEDEAO plaide pour un dialogue soutenu avec l’AES

Politique - La CEDEAO appelle les États membres à dialoguer avec l'AES pour renforcer la sécurité régionale et la stabilité au Burkina Faso.
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire