Algérie : Boualem Sansal porte plainte contre Abdelmajid Tebboune devant la justice internationale

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Après sa libération, Boualem Sansal brise le silenceCapture d’écran montrant l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal lors d’une interview diffusée au journal télévisé de France 2, à Paris, le 23 novembre 2025 © THIBAUD MORITZ / AFP
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L’écrivain algérien Boualem Sansal, gracié en novembre dernier après près d’un an de détention en Algérie, a annoncé son intention d’engager des poursuites contre le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Il l’accuse d’être à l’origine de sa condamnation dans une affaire qu’il qualifie de politique.

Cette déclaration a été faite samedi lors de la participation de l’écrivain à la journée du livre politique organisée à l’Assemblée nationale française. Devant l’assistance, l’auteur de 81 ans a affirmé : « C’est lui qui m’a condamné », assurant vouloir « poursuivre le président Tebboune en justice ».

Boualem Sansal avait été condamné à cinq ans de prison pour des faits liés, selon les autorités algériennes, à la « glorification du terrorisme » et à « l’atteinte à la sûreté de l’État ». Il a depuis été libéré dans le cadre d’une grâce présidentielle, après environ une année d’incarcération. L’écrivain continue toutefois de considérer cette affaire comme un procès politique.

Au cours d’un échange consacré au livre politique et à l’engagement intellectuel, en présence de l’avocat Richard Malka, l’écrivain a indiqué avoir adressé, alors qu’il était en prison, un message au chef de l’État algérien : « Si vous me libérez, je vous poursuivrai ». Il affirme aujourd’hui inscrire sa démarche dans cette promesse.

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Une procédure judiciaire déjà engagée

Dans une déclaration à l’Agence France-Presse, Sansal a précisé que la procédure judiciaire était déjà engagée et que ses avocats préparaient un dossier en vue d’un dépôt devant la justice internationale contre le président algérien. Il a toutefois indiqué attendre le « bon moment » avant d’aller plus loin, dans un contexte marqué par d’autres dossiers liés à la liberté d’expression en Algérie.

L’affaire Sansal s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu entre Alger et Paris. L’écrivain avait été arrêté le 16 novembre 2024 à l’aéroport d’Alger à son arrivée de France, une interpellation qui avait contribué à raviver les tensions entre les deux pays, déjà alimentées par plusieurs différends, notamment sur la question migratoire et le dossier du Sahara.

Selon la présidence algérienne, le président Tebboune avait reçu une demande du président allemand en faveur d’un « geste humanitaire » en faveur de l’écrivain, évoquant son âge avancé et la dégradation de son état de santé. Le chef de l’État allemand avait, de son côté, plaidé pour son transfert en Allemagne afin d’y recevoir des soins.

En juillet dernier, la justice algérienne avait confirmé la peine de cinq ans de prison prononcée contre Boualem Sansal, à la suite de sa condamnation pour plusieurs chefs d’accusation, notamment atteinte à la sûreté de l’État, outrage à une institution nationale, diffusion de fausses informations et propos jugés attentatoires à l’armée et à l’ordre public. L’écrivain a toujours nié les faits reprochés, soutenant que ses propos relevaient de la liberté d’expression et de simples opinions personnelles.

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