Afrique : grand décalage entre consommation et exportations de l’énergie

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Énergie : collaboration entre le ministère de la Transition énergétique et l'ONEEImage d'illustration © DR
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Dans son analyse de l’édition 2022 de la BP Statistical Review of Word Energy, Francis Perrin constate qu’en 2021 l’Afrique n’a consommé que 3,4% d’énergie primaire, alors qu’elle a exporté beaucoup plus de produits énergétiques. L’économiste français a expliqué en détail ce décalage dans un article intitulé « Afrique : un très faible poids sur la scène énergétique mondiale », publié la semaine dernière Policy Center For The New South.

Selon lui, vu que le continent ne représente que 3% de produit intérieur brut (PIB) mondial, «il n’est donc pas surprenant que son poids dans le secteur de l’énergie soit très faible». Il précise que les pays africains dépendent principalement des énergies fossiles, à savoir le pétrole, le gaz naturel et le charbon. En 2021, leur consommation d’énergie primaire était de 90%, contre 83% dans le reste du monde. Le pétrole est la source d’énergie la plus utilisée dans le continent, affichant un taux de consommation supérieur à la moyenne mondiale (39 % contre 31 %). Avec une moyenne de 30%, le gaz naturel occupe la deuxième. Il est suivi du charbon (21%) et de l’hydroélectricité (7%). Francis Perrin souligne aussi que le poids des énergies renouvelables et du nucléaire est beaucoup plus faible en Afrique, avec moins de 3% pour les deux, contre 11 % pour l’ensemble du monde.

En termes de consommation des ressources précitée, l’Afrique consomme un total mondial de 4,1% pour le pétrole et le gaz, 3,6% pour l’hydroélectricité et 2,6% pour le charbon ainsi que 1,2% pour les énergies renouvelables et 0,4% pour le nucléaire.

L’expert indique aussi que, l’année dernière, l’Afrique représentait 8,1% de la production pétrolière mondiale, 6,4% de celle du gaz naturel, 3,6% de celle du charbon et 1,3% de celle d’énergies renouvelables. Il précise que la production d’électricité du continent (centrales thermiques classiques, nucléaires, hydroélectriques, solaires, parcs éoliens) est très faible, ne représentant que 3,2% de la production mondiale. «Il n’est évidemment pas surprenant que l’Afrique joue un rôle très faible dans l’industrie nucléaire mondiale. Par contre, le potentiel du continent en matière d’énergies renouvelables hors hydroélectricité est considérable, notamment pour le solaire, l’éolien et la biomasse, et il n’est que très peu utilisé», assure Francis Perrin.

Par ailleurs, la part du continent dans les exportations pétrolières mondiales était de 10% en 2021 (dont 13,5 % pour le pétrole brut). Un taux assez conséquent qui s’ajoute à une moyenne d’exportations tout aussi élevée de gaz naturel liquéfié (Nigeria, Algérie, Égypte et Angola principalement) qui a atteint les 11,3% , l’année dernière.

Enfin, selon l’enquête de la BP Statistical Review of Word Energy, la problématique majeure de l’Afrique est le gaz naturel brulé sur les sites de production pétrolière. Il représente quasiment 20% du total mondial. Pour Francis Perrin, il s’agit à la fois d’un «gaspillage économique, une source de pollution locale et une contribution à l’effet de serre responsable du changement climatique».

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