Connecter l’Afrique : la voie vers une croissance inclusive

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Connecter l'Afrique : la voie vers une croissance inclusiveImage d'illustration © Shutterstock
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Dans son dernier rapport, la Banque mondiale préconise un recours massif aux outils numériques pour stimuler la croissance en Afrique. Le document analyse la manière dont les technologies numériques peuvent favoriser la transformation économique et stimuler l’emploi dans la région. Il met aussi en lumière le rôle des réformes politiques et réglementaires dans l’élargissement de l’accès aux outils numériques et dans le développement de leur utilisation.

L’Afrique doit investir davantage dans le numérique pour accélérer son développement et favoriser la création d’emplois. Tel est l’appel lancé par la Banque mondiale dans son dernier rapport « Afrique numérique : Transformation technologique pour l’emploi », publié le 13 mars 2023.

Selon l’institution financière internationale, les pays africains doivent intensifier leur utilisation productive des technologies numériques. Le but est de favoriser la création d’emplois pour les plus de 22 millions d’Africains qui entrent sur le marché du travail chaque année.

«De toutes les régions du monde, l’Afrique subsaharienne est celle où l’on constate le plus grand écart entre la disponibilité de l’infrastructure numérique et l’utilisation réelle qu’en font les individus», souligne le document.

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Utilisation très limitée de l’internet mobile

D’après les données sur les abonnés uniques collectées par la Global system for mobile communications association (GSMA), en moyenne, 84% de la population d’un pays donné de la région pouvait au minimum accéder à l’internet mobile 3G et 63% disposait d’un certain niveau de services mobiles 4G à la fin de l’année 2021, mais seulement 22% les utilisaient. Les taux d’utilisation varient de 6% au Soudan du Sud à 53% en Afrique du Sud. Cela souligne l’hétérogénéité de l’usage moyen d’internet et la nécessité de réformes différenciées selon les pays.

L’économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, Andrew Dabalen, indique que «l’utilisation très limitée de l’internet mobile est une occasion manquée pour la croissance inclusive en Afrique». Selon lui, «combler ce retard renforcerait le potentiel du continent à créer des emplois pour sa population qui augmente et à stimuler la reprise économique dans un monde hautement numérisé».

En outre, l’institution de Bretton Woods relève que la technologie et l’innovation sont des moteurs d’une croissance économique durable et d’une modernisation indispensable des activités économiques dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie manufacturière et des services.

Toutefois, la fracture numérique continue de se creuser entre les grandes entreprises formelles et les microentreprises informelles, note la même source.  La fracture se creuse également entre les entreprises détenues par de jeunes hommes et celles dirigées par des femmes plus âgées, ainsi qu’entre les ménages plus riches, urbains et éduqués et les familles plus pauvres, rurales et moins instruites. Seulement 2% des micro-entreprises détenues par de jeunes femmes et 8% de celles appartenant à de jeunes hommes utilisent un ordinateur.

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Nécessité de réformes sectorielles continues

Le rapport souligne que la disponibilité d’internet a un impact positif sur la création d’emplois et la réduction de la pauvreté dans les pays africains.

La directrice mondiale pour le développement numérique à la Banque mondiale, Christine Zhenwei Qiang, explique que «pour faire en sorte que la disponibilité d’internet se transforme en un usage productif et une croissance de l’emploi, la région a besoin d’un accès abordable, de compétences et de technologies numériques qui répondent aux besoins des Africains».

«Des réformes sectorielles continues et des investissements publics ciblés qui soutiennent les fondements de l’économie numérique et l’adoption de ces technologies peuvent aider à réduire la fracture digitale et à libérer un potentiel énorme de création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour une population en pleine expansion», note-t-elle.

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Des forfaits mobiles chers

Par ailleurs, le document souligne que «pour les 40% d’Africains qui vivent en dessous du seuil mondial d’extrême pauvreté, le coût des forfaits mobiles de base est souvent hors de portée», indique le rapport. Aussi, les petites et moyennes entreprises africaines sont pénalisées par des forfaits de données plus onéreux qu’ils ne le sont pour les entreprises d’autres régions.

Pour faire baisser les factures, «les pouvoirs publics devraient s’efforcer de promouvoir la concurrence dans la fourniture d’infrastructures numériques et de réduire les coûts d’exploitation», préconise la Banque mondiale.

Enfin, le rapport appelle les pouvoirs publics à mettre en œuvre des politiques soutenant le développement de solutions numériques plus attrayantes, adaptées aux compétences et aux besoins productifs des personnes, tout en renforçant la sensibilisation et l’éducation. Ceci, dans le but de stimuler un usage productif des technologies numériques

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