Sénégal : 15 jours ferme pour un influenceur pour haine raciale
Au Sénégal, l’influenceur Keylor a été condamné mercredi 5 novembre à six mois de prison, dont quinze jours ferme, pour collecte illicite de données personnelles, atteinte à la vie privée et diffusion de messages à caractère racial ou xénophobe. Cette affaire de haine raciale, jugée à Dakar, concerne un créateur de contenus suivi par plus d’un million d’abonnés sur TikTok.
Le tribunal a également prononcé une amende de 200.000 francs CFA, soit environ 320 dollars. Selon la défense, la partie ferme de la peine est déjà couverte par la détention de l’intéressé depuis le 23 octobre, ce qui ouvre la voie à une libération rapide. Le parquet avait pourtant requis une peine plus lourde, de six mois dont trois ferme.
Une affaire de haine raciale sur fond de tensions envers les ressortissants de la sous-région
L’affaire trouve son origine dans une vidéo publiée le 12 août. Keylor, de son vrai nom Papa Saliou Ciss, y accusait des commerçants guinéens d’organiser un boycott de produits sénégalais. La fédération des boutiquiers a porté plainte à la fin du même mois, estimant que ces propos nourrissaient l’hostilité envers une communauté étrangère installée dans le pays. À l’audience, le prévenu a soutenu qu’il ne visait pas les Peuls originaires du Fouta, en Guinée.
Le jugement n’a pas retenu les demandes financières de la partie civile, qui réclamait 5 millions de francs CFA, soit près de 8.000 dollars. En revanche, la condamnation marque une réponse judiciaire à la circulation de contenus jugés discriminatoires sur les réseaux sociaux, devenus un espace central de mobilisation et d’influence dans plusieurs pays africains. Au Sénégal, comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, ces plateformes amplifient rapidement les tensions liées au commerce, à la nationalité ou à l’immigration.