Côte d’Ivoire : vers une nouvelle architecture électorale
Les autorités ivoiriennes poursuivent leurs consultations avec les différents acteurs de la scène politique et de la société civile en vue de définir une nouvelle architecture électorale, quelques mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Depuis plusieurs semaines, le ministère ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité multiplie les rencontres avec les organisations de défense des droits de l’Homme, les associations de la société civile et les formations politiques. Ces consultations visent à recueillir leurs propositions et recommandations concernant la mise en place du futur dispositif électoral.
Dans ce cadre, une délégation réunissant plusieurs partis de l’opposition et des organisations de la société civile a remis officiellement, lundi à Abidjan, au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, une proposition commune portant sur la création du nouvel organe électoral. Cette initiative est le fruit d’une réflexion menée conjointement par plusieurs composantes de l’opposition et de la société civile, selon un communiqué.
L’opposition propose un organe « neutre et impartial »
La délégation était notamment composée de Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), de Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), ainsi que de représentants de plusieurs regroupements politiques et organisations de la société civile.
Étaient également présents des membres du Groupement de partis politiques et organisations de la société civile à l’origine de l’initiative du Haut Conseil électoral (HCE), de la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) et du Mouvement politique Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI).
Les représentants de l’opposition ont défendu la création d’une nouvelle institution électorale qu’ils souhaitent « neutre et impartiale » afin de garantir l’organisation des prochains scrutins dans des conditions de transparence et de confiance, rapportent des médias ivoiriens.
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La rencontre de lundi a également enregistré la participation d’Ahoua Don Mello, ancien responsable du Parti des peuples africains (PPA-CI) et candidat à l’élection présidentielle de 2025. Des représentants de Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), ainsi que des représentants du PPA-CI de Laurent Gbagbo ont également pris part aux échanges.
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation de l’opposition, n’a toutefois pas participé à cette réunion. Le parti avait présenté, la semaine dernière, sa propre proposition concernant la réforme du système électoral.
Une architecture électorale à trois organes
La réflexion sur le futur dispositif électoral intervient après la dissolution, le 6 mai dernier, de la Commission électorale indépendante (CEI), chargée jusqu’alors de l’organisation des élections. Le gouvernement avait alors annoncé son intention de mettre en place un nouveau mécanisme destiné à favoriser des « élections apaisées et à instaurer un climat de confiance ».
Le 22 juin dernier, le premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, avait présenté aux partis politiques et aux organisations de la société civile les grandes lignes d’un projet reposant sur une architecture électorale articulée autour de trois organes distincts.
Le premier serait chargé de l’organisation matérielle des scrutins, notamment de leur logistique et de leur déroulement. Le deuxième aurait pour mission le recensement, le comptage et la centralisation des voix, afin de garantir la sincérité des résultats.
Le troisième organe serait consacré à la supervision générale du processus électoral ainsi qu’au règlement des contentieux liés aux scrutins. Selon le premier ministre, cette séparation des responsabilités doit contribuer à renforcer la transparence du processus et à prévenir les crises électorales.
Le passage à cette architecture tripartite devrait toutefois nécessiter une révision de la Constitution, avait précisé Robert Beugré Mambé. Cette réforme intervient dans la perspective des prochains rendez-vous électoraux en Côte d’Ivoire. Les élections locales sont prévues en 2028, tandis que la prochaine élection présidentielle doit se tenir en 2030.