Pari gagnant ?

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IndustrieImage d'illustration, industrie © DR
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Qui l’eut cru ? Le Maroc est devenu le pays le plus industrialisé d’Afrique ! Au début des années 2000, l’industrie marocaine ne pesait pas grand-chose. Quelques secteurs traditionnels, les phosphates, le textile, une économie qui restait fondamentalement agricole et rentière. Personne, à l’époque, n’aurait parié sur un basculement de cette ampleur.

Le tournant s’est opéré en 2005 avec le Plan émergence. Sous l’impulsion du roi Mohammed VI. Le gouvernement dirigé par Driss Jettou a posé les jalons d’un renouveau du secteur industriel. Les gouvernements successifs ont poursuivi sur cette même lancée avec l’organisation des Assises nationales de l’industrie puis le lancement du Pacte national pour l’émergence industrielle en 2009 et enfin le Plan d’accélération industrielle en 2014.

Sur le terrain, ça a donné Tanger Free Zone, Tanger Automotive City, Atlantic Free Zone, MidParc… Des zones d’activités construites de zéro, connectées aux ports, aux autoroutes, aux réseaux logistiques. Aujourd’hui, le résultat est là. La Banque africaine de développement (BAD) vient de classer le Maroc première économie industrialisée du continent.

L’Afrique du Sud recule, ça compte. Mais le recul sud-africain n’explique pas Tanger Med, devenu premier port africain. Il n’explique pas non plus les usines d’équipementiers aéronautiques installées dans le royaume. Abdelmalek Alaoui, président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique, dit une chose simple : « chaque avion construit après 2005 contient une pièce essentielle fabriquée au Maroc« .

20 ans de pari industriel qui tient. Ce qui tient moins, c’est l’emploi. La BAD l’a noté dans un rapport séparé, publié le mois dernier. Beaucoup d’entreprises créées, pas assez de postes. Le tissu s’est densifié, les embauches n’ont pas suivi au même rythme. Et les écarts se creusent entre le Maroc de Tanger Med et le Maroc des territoires enclavés, entre ceux qui travaillent dans une zone franche et ceux que la mondialisation a simplement contournés.

Les deux réalités coexistent. Elles coexistaient déjà avant le classement de la BAD. Le classement ne les réconcilie pas.

Le Maroc a prouvé qu’une stratégie industrielle tenue sur deux décennies produit des résultats mesurables. C’est acquis. Ce qui reste ouvert, c’est pour qui.

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