Afrique : les coûts d’emprunt ont bondi de 91% entre 2020 et 2024

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Le piège de la dette : 3,4 milliards de vies sous contrainteImage d'illustration © DR
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En Afrique, les coûts d’emprunt supportés par les Etats ont augmenté de 91% entre 2020 et 2024, selon un rapport consacré au financement public sur le continent. Cette hausse concerne l’ensemble des pays africains, dans un contexte marqué par le resserrement monétaire mondial, la montée des taux d’intérêt et une perception accrue du risque sur les marchés internationaux.

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Cette progression pèse directement sur les budgets nationaux. Elle renchérit le service de la dette, réduit les marges de manœuvre pour financer les infrastructures, la santé ou l’éducation, et complique l’accès de plusieurs pays aux marchés obligataires. Pour de nombreuses économies africaines, cette évolution intervient alors que les besoins de financement restent élevés et que la croissance demeure inégale selon les régions.

Pourquoi les coûts d’emprunt grimpent sur le continent

La hausse observée depuis 2020 s’explique d’abord par l’environnement financier international. Face à l’inflation, les grandes banques centrales ont relevé leurs taux directeurs, ce qui a rendu les financements plus coûteux pour les économies émergentes et africaines. Dans le même temps, le dollar s’est renforcé, alourdissant la charge des dettes libellées en devise américaine pour plusieurs États du continent.

A ces facteurs externes s’ajoutent des fragilités propres à plusieurs pays africains. Les déficits budgétaires creusés après la pandémie, les effets des chocs sur les prix alimentaires et énergétiques, ainsi que les tensions sécuritaires dans certaines zones, ont dégradé la confiance des investisseurs. Dans plusieurs cas, les Etats ont dû offrir des rendements plus élevés pour attirer les capitaux, ce qui a accentué la progression des coûts d’emprunt. Cette situation concerne aussi bien des économies d’Afrique subsaharienne que des pays membres d’organisations régionales comme la CEDEAO, la CEMAC ou la Communauté d’Afrique de l’Est.

Le rapport souligne que cette dynamique intervient au moment où les besoins d’investissement restent considérables. Le continent doit financer la transition énergétique, l’urbanisation, les réseaux de transport, la transformation agricole et l’industrialisation. La Banque africaine de développement estime régulièrement que le déficit de financement des infrastructures en Afrique se chiffre à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an.

Dans ce contexte, l’alourdissement du coût de la dette peut freiner la mise en œuvre des priorités publiques et accentuer la dépendance à des financements concessionnels. Il relance aussi les appels, portés par l’Union africaine et d’autres institutions panafricaines, en faveur d’une réforme de l’architecture financière mondiale, d’un accès plus équitable aux capitaux et d’outils de financement mieux adaptés aux réalités africaines. Pour les gouvernements, l’enjeu est désormais double : contenir les risques d’endettement tout en préservant la capacité à investir dans la croissance et la résilience économique.

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