A Nairobi, la santé africaine se défend comme un investissement
Ce n’est pas un sommet de plus sur la santé, cela ressemble davantage à un message politique. L’Africa Press Day 2026 s’ouvre ce jour au Kenya avec l’idée qu’en Afrique, la santé ne doit plus être pensée comme une dépense, mais comme un actif stratégique.
A l’initiative du groupe pharmaceutique Roche, décideurs publics, experts, économistes et acteurs du numérique venus de tout le continent se retrouvent à Nairobi pour poser la question qui dérange évidemment, combien coûte réellement le fait de ne pas investir dans la santé ? On vous le donne en mille, beaucoup trop ! Le continent concentre près d’un quart de la charge mondiale de morbidité, mais ne représente qu’une fraction des dépenses de santé mondiales.
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Dans le cas du cancer du sein, la majorité des patientes sont diagnostiquées à un stade avancé. Outre l’aspect douloureux humain, il y a aussi une conséquence économique directe. Entre 2017 et 2023, le cancer du sein HER2+ a entraîné plus de 10 milliards de dollars de pertes de productivité dans plusieurs pays africains.
Des solutions de développement
Au Kenya, la plateforme numérique EMPOWER a déjà touché plus de 235.000 femmes grâce à un réseau de 76 cliniques physiques et digitales, avec plus de 3.000 patientes traitées. En Tunisie, l’intégration de l’intelligence artificielle dans le dépistage du cancer du sein a réduit les délais d’interprétation des images de deux mois à une quinzaine de jours. En Côte d’Ivoire, un partenariat public-privé a permis d’augmenter de 146% le nombre de patients traités tout en réduisant les coûts par patient.
Le message porté à Nairobi est de parler de souveraineté sanitaire, de résilience face aux crises et d’équité d’accès aux soins. Les intervenants défendent un modèle fondé sur la prévention, la numérisation des parcours de soins et des mécanismes de financement plus intelligents.
En filigrane, chaque dollar investi dans des traitements innovants et dans le dépistage précoce peut générer un retour économique largement supérieur à la mise initiale, en maintenant les populations actives en bonne santé plus longtemps.
DNES à Nairobi : Sabrina El Faiz