Côte d’Ivoire : reprise du commerce de cacao après un accord entre le régulateur et les syndicats

Temps de lecture :
Côte d’Ivoire : reprise du commerce de cacao après un accord entre le régulateur et les syndicatsPhoto d'illustration © DR
A A A A A

La filière cacao amorce une sortie de crise après un rapprochement entre le Conseil du café-cacao (CCC), autorité de régulation du secteur, et les syndicats de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA). Cette évolution intervient à la suite de la reprise des achats de fèves par les exportateurs, mettant fin à une longue période d’accumulation de stocks dans les zones rurales et les entrepôts.

Le climat s’est décrispé après plusieurs cycles de concertation entre les parties prenantes. Ces échanges ont ouvert la voie à un possible retrait de la plainte introduite contre les syndicats, selon l’Agence ivoirienne de presse.

Ce dénouement est jugé stratégique pour la stabilité du secteur. Il a permis de restaurer un environnement de confiance dans une filière particulièrement sensible, où toute déclaration publique peut influencer les marchés internationaux, la Côte d’Ivoire demeurant le premier producteur mondial de cacao.

Redémarrage des achats et relance des contrats d’exportation

Dans la foulée du rétablissement du dialogue, les exportateurs ont recommencé à s’approvisionner directement en brousse. Les multinationales, jusque-là prudentes, ont relancé les contrats de déblocage destinés à l’exportation.

Alors que le pays rencontrait des difficultés à commercialiser la récolte intermédiaire (avril-septembre), des volumes significatifs ont été acquis en l’espace de quelques jours par des groupes disposant d’unités de transformation locales. Les discussions commerciales en cours avec le régulateur pourraient aboutir à une augmentation des volumes autorisés à l’export.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : l’État lance l’achat des stocks de cacao pour soutenir les producteurs

Ces avancées ont été rendues possibles grâce à des consultations qualifiées de « discrètes mais efficaces » entre le CCC et les industriels du secteur. Le CCC et l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur affirment travailler de concert afin de garantir une rémunération équitable aux producteurs ivoiriens, conformément aux engagements des autorités publiques.

De son côté, l’OIA joue un rôle central dans le programme de rachat des stocks résiduels détenus par les coopératives et les planteurs. Elle devra contribuer, dans les prochaines semaines, à accélérer les flux d’achats et d’enlèvements avant l’ouverture officielle de la campagne intermédiaire prévue le 1ᵉʳ avril.

Cette campagne s’ouvrira toutefois dans un environnement mondial dégradé. Depuis janvier 2026, les cours internationaux du cacao ont chuté de plus de 50%. Cette correction marquée s’explique principalement par un recul de la consommation mondiale de chocolat, entraînant un ralentissement de la demande en cacao. Une situation qui affecte particulièrement la Côte d’Ivoire, premier producteur, exportateur et transformateur mondial de l’or brun.

Recommandé pour vous

Afrique du Sud : le risque d’un retour sur la liste grise du GAFI

L’Afrique du Sud risque de réintégrer la liste grise du GAFI en raison de la stagnation des réformes anticorruption et des faiblesses de son système judiciaire.

Au Sénégal, le PLFR 2026 renvoyé en commission à l’Assemblée

Au Sénégal, l’Assemblée nationale a renvoyé en commission le projet de loi de finances rectificative 2026 à la demande du gouvernement.

Émissions obligataires : l’Afrique signe son meilleur cru depuis 2021

Les entreprises africaines ont levé 13,3 milliards de dollars en émissions obligataires en devises sur 9 mois en 2026, un record qui interroge leur capacité de refinancement.

IA en Afrique : pourquoi son adoption ne garantit pas les gains économiques ?

L’intelligence artificielle pourrait soutenir la croissance, mais ses retombées économiques restent conditionnées à la capacité des entreprises à l’utiliser efficacement.

Ghana : fin des exportations de minerais bruts d’ici 2030

Le Ghana veut mettre fin aux exportations de minerais bruts d’ici 2030, en misant sur la transformation locale de la bauxite, du manganèse, du fer, du lithium et des diamants.

Burkina Faso : l’État interdit la privatisation de ses entreprises stratégiques

Le Burkina Faso interdit la privatisation de ses entreprises stratégiques. Une nouvelle loi renforce aussi le contrôle de l’État sur les secteurs jugés essentiels.
pub