Violences étudiantes à Dakar : mesures conservatoires à l’Université Cheikh Anta Diop
L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), principale institution universitaire d’Afrique de l’Ouest, a décidé de suspendre « jusqu’à nouvel ordre » les organisations étudiantes à la suite d’affrontements violents entre étudiants et forces de sécurité ayant entraîné la mort d’un étudiant.
La mesure intervient après la disparition, lundi dernier, d’un étudiant en médecine décédé des suites de blessures subies lors de heurts liés à des revendications portant notamment sur le paiement des bourses et l’amélioration des conditions de vie estudiantine. Les circonstances exactes de l’incident restent encore à éclaircir.
Réuni en session d’urgence, le conseil académique de l’UCAD, qui accueille plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, a annoncé la suspension provisoire des amicales étudiantes afin de « garantir la sécurité des personnes et préserver les biens au sein de l’espace universitaire », selon un communiqué officiel.
Mise en place d’un comité de réflexion
Profondément marqué par ce drame, le conseil académique a également annoncé la création d’un comité ad hoc chargé de proposer de nouvelles modalités de représentation des étudiants au sein des instances universitaires.
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Pour expliquer l’origine des tensions, le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, a évoqué l’existence d’influences extérieures touchant certains responsables étudiants, en particulier des interférences politiques. Il a également critiqué le profil de certains leaders étudiants, estimant que la présence de délégués inscrits depuis de longues années dans les cursus universitaires constitue une situation « inadmissible » nécessitant des réformes.
Les étudiants dénoncent une décision « autoritaire »
De leur côté, les représentants du Collectif des amicales ont vivement contesté la suspension, qu’ils qualifient de mesure « irresponsable et autoritaire », accusant les autorités de vouloir étouffer les revendications étudiantes et imposer des réformes contestées.
Depuis plusieurs années, les universités sénégalaises sont régulièrement secouées par des manifestations étudiantes dénonçant les retards de paiement des bourses. Ces mobilisations, parfois marquées par des affrontements avec les forces de l’ordre, perturbent fréquemment le calendrier académique et provoquent des chevauchements entre les années universitaires, laissant certains étudiants boursiers plusieurs mois sans ressources.