UMOA-Titres : les États de l’UEMOA doublent leurs levées de fonds en janvier

Temps de lecture :
UEMOA : 1.300 milliards FCFA à lever sur le marché régional d’ici novembre 2025UEMOA. © DR
A A A A A

Le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) a connu un démarrage d’année exceptionnel en janvier 2026. Selon les données publiées par l’agence UMOA-Titres, les États membres ont mobilisé près de 1.901,9 milliards de francs CFA au cours du seul premier mois de l’année, soit plus du double des montants levés en janvier 2025, témoignant d’une forte dynamique sur le marché obligataire régional.

Hausse portée par les obligations à moyen et long terme

Cette progression remarquable s’explique principalement par un recours accru aux obligations assimilables du Trésor (OAT), qui constituent des instruments de dette à maturité plus longue. Les émissions d’OAT ont atteint 1.432,9 milliards de francs CFA, une hausse de plus de 300% sur un an, traduisant une évolution des stratégies de financement des États qui cherchent à étaler leurs remboursements et à limiter les risques liés à un refinancement trop fréquent.

Lire aussi : Port de Monrovia : Marsa Maroc décroche un contrat de gestion au Libéria

À l’inverse, les bons assimilables du Trésor (BAT), souvent utilisés pour des besoins à court terme, ont vu leurs volumes diminuer d’environ 18%, à 468,9 milliards de francs CFA, reflétant un basculement des priorités vers des maturités plus longues. Dans ce contexte, la durée moyenne des titres émis est passée à 2,95 ans, contre 1,77 an en janvier 2025, ce qui montre un allongement significatif du profil des dettes contractées.

Côte d’Ivoire et Sénégal en tête

Comme en 2025, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme le principal émetteur, mobilisant plus de 1.039,7 milliards de francs CFA, soit plus de la moitié des fonds levés dans l’ensemble de la zone, essentiellement via des OAT à maturités comprises entre trois et sept ans. Le Sénégal arrive en deuxième position avec des émissions totalisant 366,7 milliards de francs CFA, combinant obligations de moyen terme et bons à court terme.

Lire aussi : Sommet de l’UA 2026 : l’eau au centre des priorités continentales

D’autres pays de l’UEMOA, comme le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger ou la Guinée-Bissau, ont également participé au marché, bien que dans des volumes plus modestes. À l’inverse, le Togo n’a pas procédé à d’émission sur le segment UMOA-Titres en janvier, après avoir réalisé une opération sur le segment de la BRVM.

Malgré la hausse des volumes émis, la demande est restée solide, avec un taux de couverture moyen des adjudications établi à 201%, signe que les titres proposés ont été largement souscrits par les investisseurs. À fin janvier, l’encours total de la dette levée sur le marché UEMOA atteignait 22 217,8 milliards de francs CFA, en progression de 2,7% sur un an, confirmant la vitalité du marché régional.

Recommandé pour vous

Kenya : Ruto promulgue trois lois pour relancer l’investissement

Économie - Au Kenya, William Ruto promulgue trois lois pour soutenir l’investissement et améliorer le climat des affaires. Les enjeux à retenir.

Gabon : un financement de 220 millions de dollars pour moderniser le Transgabonais

Économie - Un financement de plus de 200 millions de dollars a été approuvé pour moderniser le Transgabonais.

Ghana : l’inflation repart à la hausse après quinze mois de recul

Économie - L’inflation a légèrement augmenté au Ghana à 3,4% en avril contre 3,2% en mars, interrompant quinze mois de baisse.

Éthiopie : 10 milliards de dollars de recettes d’exportation pour l’exercice 2025-2026

Économie - L’Éthiopie vise 10 milliards de dollars d’exportations en 2025-2026 grâce à l’essor industriel et à l’initiative Made in Ethiopia.

Afrique : les banques françaises sont-elles de retour ?

Les banques françaises pourraient-elles revenir en Afrique ? Enjeux, obstacles et nouvelles stratégies à l'approche du sommet Afrique-France.

Dette africaine : quand le remboursement étouffe le développement

Plus de 40 pays africains consacrent leurs ressources au remboursement de la dette, freinant leur croissance et développement.
pub