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L’ONU sollicite 1,6 milliard de dollars pour venir en aide aux réfugiés soudanaisDes enfants originaires d'El-Facher à l'extérieur d'une tente dans un camp de réfugiés à Al Dabbah, dans le nord du Soudan © AFP
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Alors que l’actualité internationale se focalise sur le nouveau Conseil de paix, l’Iran, l’Ukraine ou le Proche-Orient, le Soudan traverse depuis près de trois ans un conflit d’une ampleur invraisemblable. Les Nations unies le décrivent comme la pire crise humanitaire en cours.

Le peuple frère du Soudan a déjà payé un lourd tribut. Des dizaines de milliers de morts et près de 15 millions de personnes déplacées, à l’intérieur du pays comme au-delà de ses frontières. Une catastrophe de masse, largement reléguée au second plan.

Sur le terrain, la violence frappe d’abord les civils. Exécutions sommaires, violences sexuelles, enlèvements, disparitions forcées et pillages sont devenus des pratiques récurrentes. Les infrastructures essentielles ont été détruites ou paralysées, rendant l’accès aux soins et à l’aide humanitaire de plus en plus difficile.
Dans certaines zones, la population n’a d’autre choix que de s’armer pour survivre. Des adultes, mais aussi des enfants, sont enrôlés de force dans une guerre qui consume progressivement le tissu social du pays.

Le conflit oppose deux forces issues du même appareil sécuritaire. D’un côté, l’armée régulière soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, reconnue par la communauté internationale. Elle contrôle le nord-est du pays et, après un repli à Port-Soudan, a repris Khartoum, une capitale largement détruite et encore instable.

De l’autre, les forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti, dominent l’ouest et le sud, notamment le Darfour. La conquête de cette région s’est accompagnée d’exactions massives, valant à leur chef des sanctions internationales, en particulier américaines.

Entre les deux camps, aucune issue politique n’est envisagée. La logique est celle de l’élimination totale de l’adversaire.

Ni compromis ni partage du pouvoir ne sont à l’ordre du jour, ce qui explique la prolongation et l’intensification des combats, malgré l’épuisement du pays.
Cette guerre est aussi alimentée par des soutiens extérieurs.

En toile de fond se jouent des rivalités d’influence. Les livraisons d’armes, notamment de drones, contribuent à la poursuite des hostilités et à la destruction des zones civiles.

Les tentatives diplomatiques n’ont jusqu’ici produit aucun résultat durable. Sanctions, embargos et médiations se sont succédé sans infléchir la stratégie des belligérants. La récente proposition de trêve américano-saoudienne illustre cette impasse, tant la neutralité des médiateurs est contestée. Les acteurs européens, eux, constatent leur marginalisation. Quant à l’Union africaine, elle semble totalement dépassée par l’ampleur de ce confit, qu’elle n’ose même pas s’impliquer.

Pris dans un engrenage militaire et géopolitique, le Soudan s’installe dans une guerre longue, menée loin des regards, mais aux conséquences humaines considérables. Toutes nos prières pour ce magnifique peuple si courageux et si affable qui mérite tout notre soutien.

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