Cacao : la chute des prix fragilise la filière ivoirienne

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Cacao : le Ghana baisse le prix aux producteurs face à la chute des cours mondiauxImage d’illustration © DR
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La filière cacao en Côte d’Ivoire, pilier de l’économie nationale représentant entre 15 et 20% du PIB, traverse une période de fortes turbulences. En cause : la chute marquée des prix mondiaux du cacao depuis près d’un an, qui met sous pression les acteurs de la commercialisation extérieure, en particulier les exportateurs.

Selon des informations rapportées par Bloomberg, le Conseil Café-Cacao (CCC) aurait obtenu l’aval du gouvernement pour racheter jusqu’à 200.000 tonnes de cacao directement auprès des producteurs. Cette opération viserait à réduire les risques de défaut de paiement dans un contexte de marché défavorable, marqué par une baisse significative des cours.

Actuellement, le prix du cacao évolue légèrement au-dessus de 6.000 dollars la tonne, soit environ la moitié de son niveau d’il y a un an. Cette correction s’explique par les perspectives d’une amélioration de l’offre mondiale et l’anticipation d’un excédent sur la campagne 2024/2025. Un retournement de conjoncture qui fragilise les contrats conclus antérieurement à des niveaux de prix bien plus élevés.

Accumulation des stocks de cacao

Dans ce contexte, plusieurs exportateurs ayant signé des engagements avec le CCC peinent à honorer leurs obligations financières. La situation s’est traduite par une accumulation inhabituelle des fèves dans les ports de San Pedro et d’Abidjan, principaux points d’exportation du pays.

D’après les données compilées par Bloomberg, les arrivées hebdomadaires de cacao ont atteint ou dépassé 100.000 tonnes sur quatre semaines en novembre, un niveau nettement supérieur à celui observé sur la même période lors des deux années précédentes. Cette dynamique accentue les tensions logistiques et financières au sein de la filière.

Lire aussi : Cacao : les prix atteignent des sommets historiques

Le régulateur aurait rencontré, le 11 décembre, des représentants d’une douzaine d’entreprises à risque, et pourrait procéder aux rachats via sa filiale Transcao-CI, créée en 2019 et détenue partiellement par le groupe malaisien Guan Chong Berhad. Si elle se concrétise, cette intervention rappellerait celle menée en 2016-2017, lors d’une crise similaire qui avait entraîné des pertes importantes pour le CCC.

Pour rappel, la production ivoirienne de cacao est attendue à 1,85 million de tonnes en 2024/2025, contre 1,67 million la saison précédente, selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), un niveau qui renforce les enjeux de régulation dans un marché volatil.

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