Madagascar : les militaires annoncent la prise du pouvoir

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Madagascar : les militaires annoncent la prise du pouvoirLe drapeau malgache brandi par des manifestants lors d'une nouvelle journée de mobilisation contre le pouvoir à Antananarivo, le 11 octobre 2025. © REUTERS
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À Madagascar, la crise politique atteint un nouveau tournant. Quelques heures après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Andry Rajoelina, une unité militaire a annoncé « prendre le pouvoir », suspendant la Constitution et actant de fait la fin de la présidence du chef de l’État.

Le scénario de 2009 semble se répéter à Madagascar. Ce mardi 14 octobre 2025, le colonel Michael Randrianirina, à la tête du Capsat — l’unité militaire qui s’est ralliée aux manifestants —, a déclaré devant le palais présidentiel d’Antananarivo : « On va prendre le pouvoir à partir d’aujourd’hui et on dissout le Sénat et la Haute cour constitutionnelle. L’Assemblée nationale, on la laisse continuer à travailler ».

Cette annonce est intervenue juste après le vote de l’Assemblée nationale destituant Andry Rajoelina, présumé avoir quitté le pays. Selon la radio française RFI, le président aurait été exfiltré dimanche à bord d’un avion militaire français. Contesté dans la rue et retranché dans un lieu inconnu, il avait dénoncé ce vote comme une « réunion dépourvue de toute base légale ».

Lire aussi : Madagascar : la présidence malgache dénonce une tentative de coup de force

La Constitution suspendue, un comité militaire en préparation

Quelques heures après la dissolution de l’Assemblée par décret, les militaires ont suspendu la Constitution et annoncé la mise en place d’un comité transitoire. « Il sera composé d’officiers de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale. Peut-être qu’il y aura aussi des conseillers civils. Ce comité assurera le travail de la présidence, avant la formation d’un gouvernement civil dans quelques jours », a précisé le colonel Randrianirina à l’AFPTV.

Le Capsat, unité clé de l’armée malgache, avait déjà joué un rôle déterminant lors du coup d’État de 2009 qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir. Cette fois encore, son ralliement samedi dernier aux manifestants a inversé le rapport de force. Depuis, la majorité des forces armées, y compris la gendarmerie, jusque-là chargée de la répression, ont rejoint le mouvement.

Une crise politique et sociale profonde

Le pays est plongé dans une crise majeure depuis le 25 septembre dernier. Ce jour-là, des manifestations ont éclaté pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité, avant de se transformer en mouvement de contestation généralisée contre le régime Rajoelina. Au moins 22 personnes ont été tuées et une centaine blessées, selon les Nations unies.

Lundi soir, lors d’une allocution de vingt minutes diffusée depuis un lieu tenu secret, Andry Rajoelina avait rejeté toute idée de démission et appelé au respect de la Constitution. Mais le lendemain, il dissolvait l’Assemblée nationale, estimant cette mesure nécessaire pour « rétablir l’ordre et renforcer la démocratie ».

Quelques heures plus tard, 130 députés sur 163 votaient sa destitution pour « abandon de poste ». Une décision normalement soumise à la validation de la Haute cour constitutionnelle — désormais dissoute par les militaires.

Sur le terrain, les milliers de manifestants rassemblés depuis plusieurs jours dans le centre d’Antananarivo ont salué le soutien des forces armées. Le collectif citoyen « Gen Z », à l’origine du mouvement, continue d’appeler à des rassemblements quotidiens pour exiger la mise en place d’un véritable gouvernement civil.

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