Macabre business à Juba

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Macabre business à Juba « La pauvreté généralisée et l’absence d’infrastructures et de services de base sont des conséquences directes de la corruption », ONU © Shutterstock
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L’enfer que vivent les Soudanais du Sud dans une indifférence de la communauté internationale, était malheureusement un scénario prévisible. Deux ans seulement après l’indépendance de ce pays en 2011, les factions issues de la rébellion se sont livré une guerre civile qui a fait 400.000 morts. L’accord de partage du pouvoir conclu en 2018, n’était qu’une trêve fragile. En réalité, le feu couvait sous la braise entre le camp du président Salva Kiir et celui de l’ancien vice-président, Riek Machar qui avait obtenu, lors des discussions de paix, de garder provisoirement sa milice de 6.000 hommes, tous issus de son ethnie.

Après une attaque d’une caserne de l’armée menée par ses hommes en mars dernier, Riek Machar a été démis de son poste de vice-président le 11 septembre dernier. Il est placé en résidence surveillée et inculpé pour « crimes contre l’humanité ». La situation est désormais inflammable à Juba, et elle peut exploser à tout moment.

Ces tensions à répétition et l’instabilité sécuritaire sont, en réalité, un « business » entretenu par les deux camps qui se partageaient le pouvoir. Les Soudanais du Sud sont en effet victimes d’un pillage à grande échelle de revenus pétroliers par une kleptocratie irresponsable qui se moque de leurs conditions de vie. Même les fonctionnaires de l’ONU, pourtant rompus à la langue de bois, l’ont relevé dans un rapport : « la pauvreté généralisée et l’absence d’infrastructures et de services de base sont des conséquences directes de la corruption ». Le Soudan du Sud est l’un des pays les plus pauvres du monde avec 75% de la population vivant sous le seuil de pauvreté alors que le pétrole a rapporté 25,2 milliards de dollars ces dix dernières années. Les populations n’en ont jamais vu la couleur.

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