Mali : un tribunal suspend la dissolution des partis politiques

Temps de lecture :
Mali : Assimi Goïta cumule la présidence de la Transition et la DéfenseAssimi Goita, chef du Conseil militaire et président de la transition du Mali. © DR
A A A A A

Le tribunal de grande instance de la Commune 1 du District de Bamako a suspendu, lundi 25 août, la décision des autorités de transition ayant dissous tous les partis et organisations à caractère politique. Adoptée le 13 mai 2025, cette mesure interdisait toute activité des formations dissoutes et prévoyait des sanctions pour les contrevenants.

Le tribunal a ordonné le sursis à l’exécution de cette décision à la suite d’une saisine des conseils des partis concernés. La dissolution faisait suite à l’abrogation, par le Conseil national de transition (CNT), des lois encadrant la charte des partis politiques et le statut de l’opposition, votée le 12 mai 2025. Les autorités justifiaient cette réforme par la volonté de rationaliser un paysage politique jugé trop fragmenté et de répondre aux consultations nationales et régionales des forces vives du pays.

Une procédure judiciaire en cours

Le tribunal a fondé sa décision sur l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par les requérants, ordonnant un sursis à statuer et la transmission du dossier à la Cour suprême, qui pourrait le renvoyer à la Cour constitutionnelle, seule compétente pour statuer sur la conformité des textes à la Constitution adoptée en juillet 2023. Cette décision, intervenue après plusieurs audiences reportées depuis juillet, marque un recul temporaire dans la mise en œuvre d’une mesure vivement critiquée au Mali et à l’international.

Lire aussiMali : le Conseil national de la transition vote la charte des partis politiques

Parallèlement, d’autres procédures sont en cours devant différentes juridictions de Bamako. Le 24 septembre, un dossier doit revenir devant le tribunal de la Commune VI, tandis que des décisions d’incompétence rendues par d’autres tribunaux ont été portées devant la Cour d’appel. La Section administrative de la Cour suprême est également saisie, mais le gouvernement n’a pas encore donné de réponse.

Les autorités maliennes avaient justifié la dissolution comme une étape nécessaire à la refondation de l’État, conformément aux recommandations des assises nationales de 2021. Une nouvelle loi sur les partis politiques devrait être élaborée dans les prochains mois avec la participation de l’ensemble des acteurs concernés, tandis que la société civile et certaines manifestations continuent de dénoncer la concentration du pouvoir et la restriction des libertés politiques.

Recommandé pour vous

Côte d’Ivoire : l’opposition pose ses conditions après la dissolution de la CEI

Politique - La dissolution de la Commission électorale indépendante en Côte d’Ivoire ravive les tensions politiques.

Madagascar : référendum en juin 2027, présidentielle prévue en octobre

Politique - La CENI de Madagascar prévoit un référendum en juin 2027 sur l’instauration d’une Ve République, suivi de la présidentielle en octobre.

Sénégal : l’UE alloue 17 millions $ à la marine sénégalaise

Politique - Le Sénégal reçoit 17 millions $ de l’UE pour renforcer la marine sénégalaise. Un appui stratégique pour la sécurité maritime ouest-africaine.

Arrestations, menaces, enlèvements : la pression sur les voix critiques en Afrique

Afrique - Du Mali au Rwanda, l’espace civique se resserre. Analyse des méthodes de contrainte et de leurs effets sur gouvernance et économie.

Nigeria : 41 éleveurs peuls tués lors d’un raid près du Bénin

Afrique - Au Nigeria, 41 éleveurs peuls ont été tués près du Bénin lors d’un raid lié à l’insécurité frontalière. Les faits et le contexte à retenir.

Mali : Assimi Goïta cumule la présidence de la Transition et la Défense

Politique - Après le décès du Général Sadio Camara, Assimi Goïta prend les rênes de la Transition et de la Défense au Mali.
pub