Kenya : une manifestation a fait au moins 10 morts

Le Kenya a connu une nouvelle journée sanglante lors de manifestations antigouvernementales marquées par de violents affrontements entre protestataires et forces de l’ordre. Selon la Commission nationale des droits humains (KNCHR), au moins 10 personnes ont été tuées et des centaines d’autres arrêtées à travers le pays, dans un climat de plus en plus tendu, sur fond d’accusations croissantes de brutalités policières.
La date du 7 juillet, connue sous le nom de Saba Saba en swahili, commémore traditionnellement les mobilisations pro-démocratie de 1990 contre le régime de Daniel arap Moi. Cette année, elle s’est transformée en un puissant cri de révolte contre le gouvernement de William Ruto, accusé de trahir ses promesses sociales. Une loi budgétaire controversée, la hausse des taxes, la pauvreté, le chômage, la corruption et les violences policières alimentent la colère populaire.
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Nairobi en état de siège, la jeunesse en première ligne
À Nairobi, la tension était palpable : routes bloquées, rues désertes, commerces fermés et forte présence policière. Des jeunes manifestants, notamment issus de la génération Z, ont affronté les forces de l’ordre en scandant « Ruto doit partir ». La police a riposté par des tirs de gaz lacrymogène, tandis que des scènes de pillages ont été rapportées.
La KNCHR a dénoncé la présence de bandes criminelles armées opérant aux côtés des forces de sécurité, utilisant fouets, machettes et flèches pour intimider la population. Des accusations que la police rejette, évoquant des communiqués « déconnectés de la réalité factuelle ».
Les réactions internationales n’ont pas tardé. Amnesty International, Human Rights Watch et les Nations unies ont exprimé leur vive inquiétude, appelant à des enquêtes indépendantes et à la retenue des autorités.
Le Kenya est aujourd’hui traversé par une mobilisation citoyenne inédite, portée par une jeunesse instruite, connectée et déterminée. Tandis que les autorités évoquent des risques de déstabilisation, les manifestants réclament avant tout dignité, justice sociale et responsabilité gouvernementale.