Soudan du Sud : médiation de l’UA pour sauver l’accord de paix

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Le président du Soudan du Sud, Salva KiirLe président du Soudan du Sud, Salva Kiir, et le vice-président Riek Machar, se serrent la main en 2019 © Sam Mednick/ AP
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Des médiateurs de l’Union africaine (UA) sont arrivés mercredi à Juba, la capitale du Soudan du Sud, dans une tentative urgente de sauver l’accord de paix fragile du pays. Cette mission intervient après l’assignation à résidence du premier vice-président Riek Machar, accusé par le gouvernement du président Salva Kiir de tenter de déclencher une nouvelle guerre civile.

Les tensions se sont intensifiées récemment avec des affrontements dans le nord de l’État du Haut-Nil, où l’armée sud-soudanaise et la milice de l’Armée blanche s’affrontent. Bien que Machar ait des liens historiques avec cette milice, il les nie actuellement, exacerbant la complexité de la situation.

Lire aussi : Soudan du Sud : le fragile accord de paix menacé après l’arrestation du vice-président

Le Conseil des sages de l’UA, composé notamment de l’ex-président burundais Pierre Nkurunziza et de la juge kenyane Monica Mbaru, a été chaleureusement accueilli à Juba. La délégation a été perçue par le SPLM-IO, le parti de Machar, comme un geste significatif pour désamorcer les tensions croissantes et maintenir l’accord de paix de 2018, qui a mis fin à la guerre civile précédente.

Ultime espoir pour éviter un retour au conflit

Le Conseil de paix de l’UA a exigé la libération immédiate de Machar, soulignant que son maintien en résidence surveillée représente une menace directe pour la stabilité du processus de paix. L’UA avertit que toute action qui fragiliserait cet accord risquerait de replonger le pays dans un conflit ethnique dévastateur, rappelant que la guerre précédente s’était en grande partie déroulée le long des lignes ethniques opposant les Dinka, soutenant Kiir, et les Nuer, derrière Machar.

Selon les analystes, l’assignation à résidence de Machar pourrait être perçue comme une tentative de Kiir de renforcer sa position face à la montée du mécontentement populaire. La situation reste donc tendue, et la médiation de l’UA pourrait bien être la dernière chance de préserver la fragile paix au Sud-Soudan.

 

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