Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel
Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution. Le texte, annoncé mardi, prévoit notamment d’allonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans, alors que la Zanu-PF souhaite maintenir le chef de l’État en fonction jusqu’en 2030.
Une réforme contestée
Bien que le projet ne mentionne pas explicitement le cas du président actuel, ses détracteurs y voient une manœuvre destinée à contourner la limitation à deux mandats instaurée par la Constitution de 2013. Âgé de 83 ans, Emmerson Mnangagwa est au pouvoir depuis 2017, après l’éviction de Robert Mugabe par l’armée. Élu en 2018 puis réélu en 2023, il ne peut en principe briguer un nouveau mandat.
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Job Sikhala, figure de l’opposition, a dénoncé un processus visant à prolonger le pouvoir du président « contre la volonté du peuple » et a annoncé avoir sollicité l’intervention de l’Union africaine. De son côté, Jameson Timba, dirigeant de la Coalition citoyenne pour le changement, accuse le pouvoir d’utiliser des mécanismes institutionnels pour consolider son autorité sans consultation populaire.
Un processus parlementaire favorable au pouvoir
Les opposants réclament l’organisation d’un référendum pour valider toute modification constitutionnelle. Toutefois, le texte devrait être adopté sans difficulté majeure au Parlement, où la Zanu-PF dispose d’une majorité suffisante pour atteindre le seuil des deux tiers requis.