Togo : la CEDEAO appelle au dialogue après les manifestations

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Le Sénégal prend les rênes pour la première de la CEDEAOImage d'illustration. © DR
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La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé son inquiétude face aux violentes manifestations qui ont secoué le Togo les 26, 27 et 28 juin 2025, a indiqué un communiqué. Selon la source, l’organisation sous-régionale a condamné les violences ayant causé des pertes humaines et des destructions matérielles dans plusieurs villes, notamment à Lomé, la capitale. Elle appelle à la « retenue » et encourage les acteurs politiques et sociaux à privilégier le dialogue afin de préserver la stabilité du pays.

La CEDEAO se dit prête à accompagner les efforts en faveur de la paix et exprime sa solidarité envers les victimes. Ce message intervient alors que le pays traverse une période de grande tension, nourrie par un climat politique incertain depuis la démission du gouvernement togolais en mai dernier.

Deux béninois retrouvés morts

Parmi les victimes des manifestations, deux ressortissants béninois ont été retrouvés sans vie dans le quatrième lac d’Agoè, en périphérie de Lomé. Selon le collectif citoyen Togo Debout, les deux frères, résidant au Togo, auraient été arrêtés la veille des violences. Le professeur David Dosseh, porte-parole du collectif, dénonce l’absence d’autopsie et le flou entourant les causes de leur décès. Les corps ont été enterrés au Bénin, sans qu’un médecin ne confirme officiellement la thèse de la noyade.

Face à ce drame, plusieurs organisations de la société civile réclament des enquêtes indépendantes et envisagent de saisir les rapporteurs spéciaux des Nations Unies. « La colère monte. Les jeunes sont prêts à aller plus loin », avertit le professeur Dosseh, appelant les autorités togolaises à prendre des mesures fortes pour désamorcer la crise.

Ces événements surviennent dans un contexte de fragilité politique. La majorité présidentielle est désormais confrontée à des critiques internes, signe d’un affaiblissement du pouvoir. Alors que la rue gronde et que la société civile s’organise, le pays semble à un tournant. Le retour au dialogue et à la transparence pourrait constituer le seul rempart contre une escalade plus dramatique.

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