Sénégal : polémique autour de produits hygiéniques soupçonnés d’irrégularités
La controverse enfle à Dakar depuis plusieurs semaines. En cause : la marque Softcare, filiale d’un groupe chinois spécialisée dans les serviettes hygiéniques et couches pour bébés, soupçonnée d’avoir stocké plus d’une tonne de matières premières périmées dans son usine sénégalaise. Une révélation qui a provoqué la mobilisation de citoyens devant le ministère de la Santé, dénonçant l’inaction des autorités.
Selon l’Agence sénégalaise de régulation pharmaceutique (ARP), ces intrants étaient impropres à la fabrication de produits destinés à un usage intime. Une décision de retrait du marché a d’abord été annoncée pour raisons sanitaires, avant un revirement officiel affirmant que ces matériaux n’auraient finalement pas été intégrés à la production.
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Irritations, témoignages et accusations graves
Des médecins alertent pourtant sur les risques potentiels : allergies, démangeaisons ou infections. Sur les réseaux sociaux, plusieurs utilisatrices affirment avoir ressenti des irritations après usage. Une pharmacienne connue pour ses prises de position en santé publique a relayé ces témoignages, alimentant davantage la méfiance.
L’affaire prend une tournure plus grave lorsqu’un inspecteur affirme avoir refusé des tentatives présumées de corruption, accusations rejetées catégoriquement par Softcare. L’entreprise assure que les stocks incriminés étaient isolés et promis à la destruction.
Face à la pression populaire, une enquête conjointe gouvernementale est annoncée, tandis qu’une mission parlementaire auditionne les parties concernées. Des mouvements citoyens jugent toutefois la réaction officielle trop lente.
Déjà fragilisée, la marque voit son activité ralentir, pendant que la polémique dépasse les frontières, ravivant d’anciennes critiques dans d’autres pays africains.