Sénégal : le pays tiraillé après le report de la présidentielle

Temps de lecture :
Depositphotos 663330022 SDrapeau du Sénégal peint au pinceau © Depositphotos
A A A A A

Dans une lettre de démission adressée au président Macky Sall, Awa Marie Coll Seck, ministre d’État et présidente de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, a vivement exprimé son désaccord avec le chef de l’État. La lettre, publiée récemment, souligne que « le Sénégal mérite de voir son calendrier républicain respecté », même si elle concède que le processus électoral nécessite des améliorations.

Cette démission s’inscrit dans un contexte où le président Macky Sall justifie le report des élections présidentielles au 15 décembre en évoquant une crise institutionnelle grave due à des dysfonctionnements dans le processus électoral. Awa Marie Coll Seck remet en question cet argumentaire, marquant ainsi son opposition au chef de l’État.

L’opposition sénégalaise réagit vivement, qualifiant ce report de « coup d’État constitutionnel ». La décision de maintenir Macky Sall au pouvoir jusqu’en 2025, sans mobilisation préalable, est considérée comme un fait accompli qui compromet la vitrine démocratique nationale, selon l’opposition.

Malgré la suspension des données mobiles par le gouvernement depuis lundi, les réseaux sociaux ont été le lieu d’une indignation généralisée en réaction au report des élections. Toutefois, la protestation n’a pas pris une ampleur significative, et l’activité à Dakar est progressivement retournée à la normale mardi, après une interruption lundi. Des tentatives de manifestations ont été réprimées dimanche et lundi.

La réaction internationale ne s’est pas fait attendre, plusieurs partenaires étrangers du Sénégal exprimant leur inquiétude. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le Sénégal est membre, a encouragé le pays à « prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour rétablir le calendrier électoral » afin de préserver l’ordre constitutionnel.

Lire aussi : Sénégal : une présidentielle reportée dans un pays embrasé

Recommandé pour vous

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.

Congo : Denis Sassou Nguesso officialise sa candidature à la présidentielle du 15 mars

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a annoncé, jeudi 5 février, sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 15 mars prochain.

Développement : le Burkina Faso adopte un Plan de relance pour 2026-2030

politique - Le Burkina Faso a adopté un Plan de relance 2026-2030 pour encadrer son développement pour une somme de 36.000 milliards FCFA

Égypte en tête, percées sahéliennes et surprises nord-africaines : le classement militaire africain 2026

Politique - Le site américain Global Firepower (GFP) a publié, le 21 janvier, son classement annuel des forces militaires mondiales.

RDC : un an après la bataille de Goma, quelles avancées ?

Monde - Il y a un an, la ville de Goma, en République démocratique du Congo, basculait dans une phase de violence sans précédent par l’AFC/M23. Un an plus tard, le mouvement politico-militaire entretient sa présence.
pub