RDC : Roger Lumbala jugé en France pour complicité de crimes contre l’humanité

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freddy mulongo roger lumbala 1Roger Lumbala © DR
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Un procès aux assises a été ordonné en France à l’encontre de Roger Lumbala, ancien leader d’un groupe rebelle en République démocratique du Congo (RDC), pour complicité de crimes contre l’humanité commis dans son pays en 2002-2003.

Un juge d’instruction spécialisé a décidé que Roger Lumbala, un ancien député de l’opposition et ex-ministre congolais, qui a été arrêté en France fin 2020 et incarcéré depuis, sera jugé à Paris pour sa participation présumée à un groupe formé dans le but de préparer des crimes contre l’humanité, selon l’ordonnance de mise en accusation dont l’AFP a eu connaissance.

Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), Roger Lumbala, âgé aujourd’hui de 65 ans, dirigeait le RCD-N, un groupe armé créé en 1998, basé dans le nord-est du pays. À cette époque, différentes factions rivales, y compris le RCD-N, se disputaient le contrôle des ressources naturelles et cherchaient à obtenir une reconnaissance politique à l’échelle nationale.

Selon plusieurs rapports des Nations unies, les membres du RCD-N se sont rendus coupables de crimes tels que viols, exécutions sommaires, enlèvements, mutilations et cannibalisme, principalement à l’encontre des ethnies Nande et Twa (Pygmées) dans la région de l’Ituri.

Dès le premier rapport de l’ONU en 2003, Lumbala avait nié ces accusations.

Le juge d’instruction a soutenu que Roger Lumbala aurait donné des ordres visant à perpétrer une « pratique massive et systématique de tortures ou d’actes inhumains » tout en fournissant les fournitures nécessaires aux auteurs de ces actes. Il aurait également laissé les combattants sous son autorité commettre ces crimes en n’intervenant pas, ce qui aurait permis la réitération de ces pratiques massives et systématiques, notamment des exécutions sommaires, des tortures, des viols constituant des actes de torture, des vols ou pillages, ainsi que la réduction en esclavage de plusieurs personnes civiles.

Roger Lumbala est notamment accusé d’avoir laissé ses hommes commettre ces atrocités lors de l’opération « Effacer le tableau », lancée en octobre 2002 en collaboration avec son allié, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. L’objectif de cette opération était de détruire d’autres groupes armés, de s’emparer des ressources naturelles et de contrôler un maximum de territoires.

En 2014, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) avait refusé d’accorder l’asile à Roger Lumbala en raison de soupçons de sa participation à des violations des droits de l’homme en RDC au début des années 2000, et avait signalé son cas à la justice en 2016, déclenchant ainsi une enquête pénale.

Lire aussi : RDC : les gangs de Kinshasa

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