Raffinage de l’or au Ghana : un accord historique pour capter davantage de valeur

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Finalisation de l’acquisition d’actifs miniers aurifères par Managem au SénégalImage d'illustration © DR
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Le Ghana a franchi un pas concret vers la transformation de son industrie aurifère en signant, le 20 janvier, un accord de raffinage entre la Ghana Gold Board (GoldBod) et la Gold Coast Refinery Company Limited. Présenté comme le « premier accord local de raffinage » liant l’État à une raffinerie nationale, ce partenariat vise à réduire les exportations d’or brut et à retenir une plus grande part des revenus générés par la filière dans l’économie ghanéenne.

Selon les termes rendus publics, le GoldBod fournira à partir du 1er février une tonne métrique d’or brut chaque semaine à la Gold Coast Refinery, qui procédera à sa transformation en métal raffiné. Le GoldBod, créé en 2025 et investi d’un mandat unique sur le marché de l’or artisanal et à petite échelle, joue à la fois le rôle de régulateur, d’acheteur et d’exportateur exclusif de l’or issu des mineurs artisanaux.

Le volet actionnarial de l’accord retient l’attention. L’État ghanéen, via le GoldBod, se voit attribuer une participation gratuite de 15% dans le capital de la Gold Coast Refinery. Les autorités estiment que cette prise de participation permettra à l’État de bénéficier à terme de revenus supplémentaires, notamment sous forme de dividendes, et d’un meilleur contrôle sur la chaîne de valeur.

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Des gains espérés mais des contours financiers à préciser

Economies sur les frais de raffinage jusque-là payés à l’étranger, création d’emplois directs et indirects liés à l’activité de la raffinerie et montée en compétence locale sont tous des gains attendus du projet en question. Le GoldBod souligne ainsi l’ambition de faire certifier au niveau international au moins une raffinerie ghanéenne par la London Bullion Market Association (LBMA), gage, selon lui, d’accès à des prix d’exportation supérieurs et d’une traçabilité conforme aux normes internationales.

Toutefois, plusieurs éléments clés restent à préciser publiquement : la grille tarifaire de raffinage appliquée, le calendrier complet de montée en capacité, les garanties sur l’approvisionnement durable en minerai et les modalités exactes de partage des recettes entre acteurs publics et privés. De plus, la capacité actuelle des raffineries locales et leur intégration opérationnelle dans ce nouveau schéma n’ont pas été entièrement détaillées par les signataires.

L’initiative intervient après une année 2025 marquée par des exportations officielles d’or artisanal soutenues. En effet, le GoldBod indique que les exportations issues du secteur artisanal ont généré environ 10 milliards de dollars en 2025, une performance qui renforce l’argument en faveur d’une transformation locale plus poussée. Les autorités gouvernementales espèrent ainsi capter une fraction plus importante de la valeur ajoutée le long de la chaîne.

Pour consolider la démarche, la Gold Coast Refinery a développé des liens stratégiques avec Rand Refinery (Afrique du Sud), acteur déjà détenteur d’une accréditation LBMA en Afrique, afin d’accélérer le processus d’alignement sur les standards internationaux. Obtenir une licence ou une certification LBMA est présenté par les autorités comme une condition sine qua non pour accéder aux marchés internationaux à des conditions plus favorables.

Le Ghana dispose déjà d’infrastructures de raffinage récentes, comme la Royal Ghana Gold Refinery inaugurée en 2024 à Accra, qui a une capacité significative et doit, elle aussi, trouver sa place dans la stratégie nationale d’industrialisation du secteur. Il reste à voir si la nouvelle dynamique de partenariat public-privé sera coordonnée entre l’ensemble des acteurs domestiques pour éviter la fragmentation des capacités et maximiser l’effet de levier économique.

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