Niger : un haut responsable militaire évoque « une guerre avec la France », Paris dément
Lors d’un rassemblement organisé dans la capitale, le général Amadou Ibro a lancé des propos qui ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux : « sachez que nous allons entrer en guerre avec la France », a-t-il déclaré devant des milliers de jeunes, suscitant des applaudissements et des chants hostiles à l’égard de la France.
Le porte-parole de l’état-major français, le colonel Guillaume Vernier, a immédiatement nié toute intention d’intervention militaire et a qualifié ces déclarations de composante d’une « guerre informationnelle » orchestrée, selon Paris, par certaines autorités nigériennes. Le gouvernement français assure ne pas envisager d’action armée au Niger.
Ces échanges surviennent dans un contexte de tension persistante entre le Niger et la France depuis le putsch de juillet 2023 qui a porté au pouvoir le chef du Conseil militaire, le général Abdourahamane Tiani. Les relations diplomatiques et militaires se sont fortement détériorées depuis l’éviction de l’ancien président, avec le rappel et le départ des forces françaises du territoire nigérien à la fin de 2023.
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Plusieurs points de friction
Les autorités nigériennes ont, par ailleurs, accusé des acteurs étrangers d’être impliqués dans une attaque revendiquée fin janvier contre l’aéroport international de Niamey, une opération que Daech a revendiquée. Le président du Conseil militaire a publiquement mis en cause, sans produire de preuves publiques détaillées, des pays et responsables étrangers, accusation démentie par les intéressés. Ces événements ont contribué à enflammer l’opinion et à durcir le ton des officiels nigériens.
Autre point d’achoppement stratégique : les tensions autour des ressources minières. Le gouvernement militaire a annoncé la nationalisation des activités locales détenues jusque-là par la société française Orano (Somaïr et autres filiales), décision qui a donné lieu à des procédures judiciaires et arbitrales internationales engagées par l’entreprise. Orano a contesté les mesures prises par Niamey et poursuivi le gouvernement, tandis que l’État nigérien a formulé des accusations de préjudices environnementaux et d’irresponsabilité à l’encontre du groupe. Ces différends économiques nourrissent, comme l’autre volet sécuritaire, les frictions bilatérales.