Niger : Bazoum saisit la justice ouest-africaine pour obtenir sa libération

Temps de lecture :
831780d 92607046 rea9281982Mohamed Bazoum, président déchu du Niger © DR
A A A A A

Après deux mois de détention, le président nigérien destitué, Mohamed Bazoum, a pris la décision de recourir à la justice ouest-africaine pour obtenir sa libération. Lors d’une déclaration, son avocat sénégalais, Maître Seydou Diagne, a indiqué que son client demande à ce que l’État nigérien soit condamné au rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et la poursuite du mandat Bazoum jusqu’au 2 avril 2026.

Cette démarche a été entreprise en déposant une requête devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le 18 septembre. La requête fait état d’«arrestation arbitraire» et de «violation de la liberté de mouvement» concernant le président Mohamed Bazoum, son épouse Haziza, et leur fils Salem, tous trois détenus au palais présidentiel depuis le coup d’État survenu le 26 juillet.

En cas de décision favorable de la Cour, l’État du Niger serait juridiquement contraint de l’exécuter, selon les propos de l’avocat. Cette démarche, orientée vers une solution juridique, marque un tournant significatif dans la crise politique au Niger. Elle reflète la volonté du président déchu de recourir aux voies légales pour rétablir l’ordre constitutionnel dans le pays.

Notons que les auteurs du coup d’État avaient également annoncé leur intention de «poursuivre» Mohamed Bazoum pour «haute trahison» et «atteinte à la sûreté» du pays.

La CEDEAO avait menacé d’intervenir militairement depuis le 30 juillet pour rétablir l’ordre constitutionnel. Bien que privilégiant la voie diplomatique, l’organisation reste relativement silencieuse malgré le soutien de plusieurs pays occidentaux.

L’Union européenne (UE) a réitéré son «soutien à la position de la CEDEAO», exhortant à nouveau à la «libération immédiate et inconditionnelle du président Bazoum et de sa famille».

Le régime militaire au Niger, qui envisage une transition d’une durée maximale de trois ans, cherche des alliances avec d’autres pays de la région, notamment le Mali et le Burkina Faso, tous deux dirigés par des militaires arrivés au pouvoir par un coup d’État. Ils ont récemment lancé une coopération de défense avec la création de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Regarder aussi : Niger : une «atmosphère très contrastée dans les rues de Niamey»

Recommandé pour vous

Libye : un accord électoral sans le soutien de Haftar

Les institutions libyennes annoncent une feuille de route électorale pour février 2027, mais le camp Haftar rejette l’accord et privilégie un autre plan politique.

Guinée équatoriale : le gouvernement remet sa démission après une évaluation interne

Le gouvernement de la Guinée équatoriale a démissionné après une évaluation révélant un taux d’exécution de 10% des objectifs fixés, sur fond de difficultés économiques.

RDC : des discussions secrètes engagées entre Kinshasa et la rébellion de Thomas Lubanga

La RDC et la rébellion de Thomas Lubanga ont engagé des discussions secrètes sous médiation ougandaise. Un dialogue initié en avril reste bloqué malgré un cessez-le-feu annoncé.

Mali : l’armée annonce la neutralisation d’un chef terroriste de « premier plan »

L’armée malienne affirme avoir neutralisé, par frappe de drone à Mougnan, un chef terroriste opérant au Mali et au Burkina Faso, lié au MUJAO.

Sénégal : le Conseil constitutionnel saisi sur Ousmane Sonko

Au Sénégal, le Conseil constitutionnel est sollicité sur l’élection d’Ousmane Sonko à l’Assemblée. Les enjeux politiques à comprendre.

Géopolitique de l’Afrique : comment le continent reconquiert son récit stratégique ?

Après dix ans d’existence, le rapport RAGA 2026 montre que l’Afrique cesse d’être un terrain de jeu pour devenir un acteur qui pèse dans les rivalités mondiales. Les détails.
pub