Migration : une pirogue en route pour les Canaries disparaît en mer
Plusieurs centaines de migrants ouest-africains sont portés disparus après le départ, il y a plus d’un mois, d’une pirogue ayant quitté les côtes gambiennes en direction de l’Espagne. Parmi les passagers figurent de nombreux ressortissants sénégalais, sans nouvelles depuis leur embarquement, suscitant une vive inquiétude au Sénégal et en Gambie, selon des acteurs de la migration interrogés vendredi par l’AFP.
Depuis des années, des milliers de jeunes originaires d’Afrique de l’Ouest tentent de rejoindre l’Europe par la dangereuse route de l’Atlantique, principalement via l’archipel espagnol des Canaries. Ces traversées s’effectuent à bord d’embarcations souvent surchargées et vétustes, au péril de la vie des migrants.
Le durcissement récent des contrôles maritimes au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a contribué à déplacer les points de départ plus au sud, notamment vers la Gambie et la Guinée-Conakry. Ce changement allonge la durée des traversées et accentue les risques encourus en mer.
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Une pirogue avec près de 300 personnes à bord
Selon Omar Diop, porte-parole de l’association sénégalaise « Boza Fii », engagée dans l’assistance aux migrants et aux familles de disparus, la pirogue a quitté le 5 décembre la localité gambienne de Djinack, dans le nord du pays, avec environ 300 personnes à bord. Les passagers seraient de nationalités sénégalaise, gambienne, malienne et guinéenne.
« Nous avons eu l’information sur le départ de la pirogue le 27 décembre et avons immédiatement lancé les recherches », a expliqué Omar Diop, précisant que les acteurs impliqués dans le secours en mer avaient été alertés. À ce jour, aucune information n’a été obtenue sur le sort de l’embarcation.
Des villages sénégalais durement touchés
Cheikh Mamour Bâ, habitant du village de pêcheurs de Fass-Boye, dans l’ouest du Sénégal, a indiqué que l’embarcation transportait plus de 200 personnes en route vers l’Espagne. Plusieurs passagers seraient originaires de villages voisins, parmi lesquels une femme d’une trentaine d’années, mère de six enfants.
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L’absence prolongée de nouvelles a été signalée par des familles de migrants, a confirmé Mamadou Guèye Thioune, membre d’un comité gouvernemental sénégalais de lutte contre la migration irrégulière. De nombreux ressortissants ouest-africains se trouvaient à bord de la pirogue, selon les témoignages recueillis auprès de ces proches.
Une migration forcée par le manque d’alternatives légales
En quête d’un avenir meilleur, de nombreux Africains se voient contraints d’emprunter les routes clandestines, l’Europe ayant fortement restreint l’octroi de visas et renforcé le contrôle de ses frontières. Ces politiques contribuent à exposer les candidats à l’exil à des dangers extrêmes.
Ces dernières années, des milliers de personnes ont trouvé la mort ou ont disparu en tentant de rejoindre l’Europe par la mer, faisant de la route de l’Atlantique l’une des plus meurtrières pour les migrants.