Le combat de la transparence

Temps de lecture :
un homme comptant des billetsIllustration de l'éditorial sur la transparence de gouvernance des entreprises © Despositphotos
A A A A A

L’histoire des rapports entre les banques et les PME en Afrique ressemble fort à celle des vieux couples qui se font des reproches incessants, mais doivent pourtant vivre ensemble. Dans tous les forums et les conférences, cette musique revient de manière récurrente. Comme souvent, les deux parties se renvoient les torts. Chacun des deux camps présente de réelles faiblesses par rapport aux exigences que l’autre formule au regard de ses besoins et de ses habitudes.

La faiblesse structurelle des fonds propres est une pathologie chronique des PME sur le continent, quel que soit le pays. Elle s’explique, pour partie, par les réticences du fondateur à toute idée d’ouvrir le capital, et surtout à la volonté «de ne rendre compte à personne».

À cet handicap de sous-capitalisation, s’ajoute l’opacité dans la gestion due à la confusion entre le patrimoine du dirigeant et celui de son entreprise. Il y a quelques années, un promoteur d’une école de commerce privée au Maroc confiait à votre serviteur qu’il avait repoussé l’offre d’une prise de participation de la SFI car «il n’avait pas envie que l’on vienne fouiller dans ses affaires». Comme ses pairs ailleurs sur le continent, il pourra ainsi continuer à confondre bénéfice et chiffre d’affaires en siphonnant la trésorerie de sa PME quand il voudra.

Face à ce déficit de transparence, malgré des professions de foi, aucune banque ne croit aux bilans que lui présentent les PME. Sous la pression des règles prudentielles, les banques exigent toujours plus de garanties qui intègrent les biens personnels du dirigeant. La main sur le cœur, elles jurent qu’elles sont à l’aise avec une comptabilité fiable. Sur ce plan, nos banques n’ont pas tort. Confrontés au risque de rejet d’une demande de crédit, beaucoup de dirigeants de PME avouent à leur banquier que le chiffre d’affaires déclaré ne reflète pas la réalité. Ils proposent eux-mêmes de joindre leurs propres actifs afin de consolider leur dossier de crédit.

Le combat de la transparence est loin d’être gagné.

Recommandé pour vous

Ebola en RDC : 3.699 décès recensés sur 7.672 cas

L’épidémie d’Ebola en RDC a fait 3.699 morts sur 7.672 cas, selon les autorités sanitaires. Le virus s’est propagé à sept provinces, avec un taux de létalité de 48,2%.

L’Observatoire social lance l’Indice africain du progrès social

L’Observatoire social part d’un constat : certains indicateurs traditionnellement utilisés pour évaluer le développement ne reflètent pas toujours les spécificités africaines.

Dette : le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’évaluation des pays à faible revenu

Le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’analyse de la dette des pays pauvres, avec une meilleure prise en compte de la dette intérieure et des besoins de développement.

TV5 Monde : après le Maroc, la Côte d’Ivoire se rapproche de la gouvernance

La Côte d’Ivoire est en voie d’intégrer la gouvernance de la chaîne francophone internationale, TV5 Monde, après une première ouverture au Royaume du Maroc.

États-Unis : l’Afrique au cœur de la politique d’expulsion des migrants

Les États-Unis multiplient les accords avec des pays africains pour accueillir des migrants expulsés. L’enquête révèle des négociations mêlant migration et intérêts diplomatiques.

ONU : Saada Daher Hassan nommée à un poste clé auprès de l’Union africaine

L’ONU nomme la diplomate djiboutienne Saada Daher Hassan directrice des Affaires politiques et cheffe adjointe du Bureau auprès de l’Union africaine.
pub