Le combat de la transparence

Temps de lecture :
un homme comptant des billetsIllustration de l'éditorial sur la transparence de gouvernance des entreprises © Despositphotos
A A A A A

L’histoire des rapports entre les banques et les PME en Afrique ressemble fort à celle des vieux couples qui se font des reproches incessants, mais doivent pourtant vivre ensemble. Dans tous les forums et les conférences, cette musique revient de manière récurrente. Comme souvent, les deux parties se renvoient les torts. Chacun des deux camps présente de réelles faiblesses par rapport aux exigences que l’autre formule au regard de ses besoins et de ses habitudes.

La faiblesse structurelle des fonds propres est une pathologie chronique des PME sur le continent, quel que soit le pays. Elle s’explique, pour partie, par les réticences du fondateur à toute idée d’ouvrir le capital, et surtout à la volonté «de ne rendre compte à personne».

À cet handicap de sous-capitalisation, s’ajoute l’opacité dans la gestion due à la confusion entre le patrimoine du dirigeant et celui de son entreprise. Il y a quelques années, un promoteur d’une école de commerce privée au Maroc confiait à votre serviteur qu’il avait repoussé l’offre d’une prise de participation de la SFI car «il n’avait pas envie que l’on vienne fouiller dans ses affaires». Comme ses pairs ailleurs sur le continent, il pourra ainsi continuer à confondre bénéfice et chiffre d’affaires en siphonnant la trésorerie de sa PME quand il voudra.

Face à ce déficit de transparence, malgré des professions de foi, aucune banque ne croit aux bilans que lui présentent les PME. Sous la pression des règles prudentielles, les banques exigent toujours plus de garanties qui intègrent les biens personnels du dirigeant. La main sur le cœur, elles jurent qu’elles sont à l’aise avec une comptabilité fiable. Sur ce plan, nos banques n’ont pas tort. Confrontés au risque de rejet d’une demande de crédit, beaucoup de dirigeants de PME avouent à leur banquier que le chiffre d’affaires déclaré ne reflète pas la réalité. Ils proposent eux-mêmes de joindre leurs propres actifs afin de consolider leur dossier de crédit.

Le combat de la transparence est loin d’être gagné.

Recommandé pour vous

Inde-Afrique : New Delhi se tourne vers les producteurs africains d’engrais

Les perturbations autour du détroit d'Ormuz poussent l'Inde à revoir en profondeur ses circuits d'approvisionnement en engrais en se tournant vers le marché africain, dont le Maroc

Mali : 10 ans de prison requis contre Ras Bath à Bamako

Au Mali, le parquet a requis dix ans de prison ferme contre le chroniqueur Youssouf Bathily, alias Ras Bath, jugé à Bamako avec l'influenceuse Rokia Doumbia.

135 migrants ivoiriens rapatriés du Niger

135 migrants ivoiriens, dont deux mineurs, sont rentrés au pays mardi en provenance du Niger. Cette opération a été menée par le gouvernement ivoirien en partenariat avec l'OIM.

Gabon : le média Info 241 suspendu par la HAC

La Haute Autorité de la communication (HAC) a pris cette sanction lundi 10 août 2026, un jour après la parution d'un article visant directement le chef de l'État et ses proches.

Kenya : alerte renforcée face aux risques d’El Niño

Le Kenya renforce son dispositif d’urgence face à El Niño. Dix-huit comtés sont placés sous surveillance, avec des risques d’inondations, glissements de terrain et épidémies.

Tanzanie : un programme de 231 millions de dollars pour développer le secteur laitier

La Tanzanie a lancé un programme de 231 millions de dollars destiné à développer son secteur laitier au cours des dix prochaines années, selon les données du ministère de l’Élevage
pub