Le Bénin de retour sur les marchés internationaux

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Après une période d’absence relative, le Bénin s’apprête à reconquérir les marchés financiers internationaux, en plaçant au cœur de sa stratégie un instrument encore inédit pour lui : le sukuk souverain. Cette initiative vise à diversifier les sources de financement du pays et à renforcer sa présence sur la scène financière mondiale.

Un sukuk souverain pour diversifier la dette béninoise

La semaine dernière à Londres, des représentants du gouvernement béninois ont engagé des discussions avec des investisseurs internationaux en vue d’une émission obligataire multi‑tranches qui inclurait un sukuk sur sept ans. Selon les sources de marché, cette opération pourrait atteindre environ un milliard de dollars et combiner une émission classique avec ce premier sukuk, marquant une première pour un État d’Afrique subsaharienne depuis l’Afrique du Sud en 2014.

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Noté B1 par Moody’s, BB‑ par Standard & Poor’s et B+ par Fitch, le Bénin préparerait l’émission selon une structure 144A/Reg S, comprenant notamment deux obligations classiques déjà existantes, émises en 2038 et 2041, pour un total de 1,25 milliard de dollars de capital. Un vaste consortium bancaire – avec Citi, Emirates NBD Capital, HSBC et JP Morgan comme coordinateurs globaux – est chargé de piloter l’opération, tandis qu’Emirates NBD Capital et HSBC travaillent sur la structuration du sukuk lui-même.

La finance islamique au service de la souveraineté financière

La décision de se tourner vers le sukuk s’inscrit dans une dynamique plus large de croissance du marché mondial des instruments de finance islamique, dont les émissions ont augmenté récemment, attirant notamment des investisseurs du Golfe et d’Asie.

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Les autorités béninoises estiment que cette opération contribuera à élargir la palette de financements disponibles, tout en renforçant la crédibilité financière du pays face aux investisseurs internationaux. En outre, elle intervient après la dernière levée de fonds de Cotonou sur les marchés étrangers en janvier 2025, lorsqu’elle avait attiré une forte demande pour une obligation classique de 500 millions de dollars.

Si ce projet se concrétise, le Bénin deviendrait l’un des rares pays africains à exploiter pleinement les instruments de finance islamique pour diversifier sa dette souveraine, ouvrant potentiellement la voie à de futures émissions et à un accès élargi aux capitaux internationaux.

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