Lancement de la « fondation pour la démocratie » de Macron en Afrique

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France-Afrique : une coopération sans merciLe président Emmanuel Macron au sommet Afrique-France à Montpellier le 8 octobre 2021. © Ludovic MARIN / AFP
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Lors du sommet franco-africain, tenu l’année dernière à Montpellier, en France, le président français Emmanuel Macron avait proposé la mise en place d’une « fondation pour la démocratie ». Cette dernière sera destinée à aider ceux qui œuvrent pour le changement dans le domaine de la gouvernance démocratique. Cette semaine, ce projet a vu le jour en Afrique du Sud, avec l’ouverture de la première branche de cette fondation à l’Université de Witwatersrand (Wits) à Johannesburg.

Appelé Fondation pour l’innovation et la démocratie (FIDEMO), cet organisme vise à offrir aux chercheurs, aux artistes, aux hommes d’affaires et aux ONG une échappatoire face à la pression des gouvernements autocratiques. Il s’agit aussi de libérer l’énergie et les compétences qui sont la plus grande ressource naturelle de l’Afrique. La FIDEMO ambitionne d’enseigner, d’informer et de permettre aux jeunes d’étudier et de repenser le changement démocratique en Afrique, en France et en Europe.

Elle vise aussi, selon le communiqué de l’université de Wits, à recueillir des informations sur la démocratie dans ces régions, à concevoir et à développer des projets collectifs et innovants pour comprendre et déterminer les rôles que jouent l’État de droit, l’égalité et les libertés individuelles et collectives dans une démocratie. La liste des projets locaux à financer sera annoncée en mars 2023, l’accent étant mis sur la mise en relation des différents acteurs, afin que personne ne soit isolé.

À la tête de cette fondation, il y a le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, qui enseigne à l’université Columbia de New York. Ce dernier a pour responsabilité d’utiliser 50 millions d’euros pour assurer le bon fonctionnement de la FIDEMO au cours des cinq prochaines années. L’intellectuel camerounais Achille Mbembé, l’un des principaux contributeurs au débat sur le post-colonialisme et enseignant à Witwatersrand, fera aussi partie du conseil d’administration de l’organisme.

Par ailleurs, outre le siège de Wits, trois autres bureaux régionaux africains sont prévus, mais leur emplacement n’a pas encore été révélé. Selon Achille Mbembé, même si la majorité du financement initial provient de France, il ne s’agit pas d’une nouvelle tentative de l’Hexagone d’exploiter les ressources de ses anciennes colonies. La fondation, explique-t-il, «est panafricaine, bien au-delà des divisions héritées de la période coloniale». «Elle n’a rien à voir avec le maintien de l’influence française en Afrique ni avec l’atténuation de la vague actuelle de sentiments anti-français sur le continent. Ce cycle historique est arrivé à son terme. Le cadavre du colonialisme est peut-être encore chaud, mais il n’en est pas moins mort. De nombreux Africains considèrent encore la France comme toute puissante. Ce n’est plus vrai», assure Mbembé.

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