Guerre au Soudan : Khartoum accuse l’Éthiopie
Des drones partis « du territoire éthiopien » auraient frappé des objectifs à l’intérieur du Soudan en février et mars, selon le ministère soudanais des Affaires étrangères aligné sur l’armée. Dans un communiqué, Khartoum évoque une « agression manifeste » et met en garde Addis-Abeba contre les répercussions de ces actes, sans détailler le nombre de frappes ni leurs cibles exactes.
Il s’agit de la première accusation officielle visant l’Éthiopie depuis le déclenchement, il y a trois ans, du conflit opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR). Ces derniers mois, les deux camps ont intensifié le recours aux drones, accentuant la létalité des affrontements.
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Une guerre sous influence régionale
Au Conseil de sécurité des Nations unies, la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper a récemment estimé qu’aucune trêve durable ne serait possible tant que les belligérants continueraient de recevoir des armes de l’étranger. De son côté, l’ambassadeur égyptien Ihad Awad a évoqué l’existence de camps d’entraînement établis par un pays voisin au profit d’une milice soudanaise.
Une analyse du centre américain Critical Threats Project mentionne également des soupçons de livraisons accrues d’armes en direction de l’Éthiopie, possiblement destinées aux FSR. Les Émirats arabes unis, accusés à plusieurs reprises d’appuyer ces forces, rejettent fermement ces allégations.
Sur le terrain, le général Abdel Fattah al-Burhane, soutenu notamment par l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie, fait face à une situation humanitaire dramatique. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a alerté sur la flambée des pertes civiles, qui ont plus que doublé en 2025, notamment en raison de frappes visant des zones habitées. Craignant une propagation du conflit, le Tchad a récemment fermé sa frontière avec le Soudan.