Grotesque manœuvre

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Togo : le parti au pouvoir remporte les élections municipalesLe président togolais Faure Gnassingbé devant ses forces militaires en mai 2022. © Emmanuel Pita
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Pendant que le Sénégal est salué un peu partout pour l’exemplarité de l’alternance démocratique à la tête de l’État, la dynastie Gnassingbé, au pouvoir depuis 57 ans au Togo, est en train d’aménager une présidence à vie à Faure Gnassingbé. Lui qui avait déjà succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui avait régné trente-huit ans sur le Togo après un coup d’État en 1967. Son fils, Faure Gnassingbé, a déjà passé 19 ans au pouvoir après une succession dynastique controversée en 2005, concoctée par les officiers de l’armée issus essentiellement de son ethnie.

À l’Assemblée nationale, où ne siègent que les élus de son parti, ses sbires ont lancé la manœuvre pour le maintenir au pouvoir au terme de ses deux mandats présidentiels en 2025. Il n’avait pas le droit de postuler pour un troisième. Mais, c’était sans compter avec ses « laborantins » à l’Assemblée. En début de semaine, les députés ont adopté une nouvelle constitution à l’ingénierie avancée, que leur envierait l’Ougandais Yoweri Museveni ou encore Robert Mugabe.

Selon la nouvelle loi fondamentale togolaise, le président, dépourvu du pouvoir exécutif, sera désormais élu par l’Assemblée nationale et le Sénat, réunis en congrès pour un mandat de six ans. L’essentiel du pouvoir exécutif sera exercé par le président du Conseil des ministres, une nouvelle fonction qui sera exercée par le chef du parti ou le leader de la coalition majoritaire issue des élections législatives. Il sera responsable devant le Parlement.

Sans vergogne, nos honorables députés ont justifié ce changement de constitution en arguant « qu’il s’agit d’une réforme radicale pour faire passer le pays à un régime parlementaire », en osant une comparaison avec le Royaume-Uni et l’Italie ! Mais le peuple togolais n’est pas dupe. Il sait pertinemment que cette grotesque manœuvre vise à maintenir le fils Eyadéma sur son trône. C’est un nouveau coup dur porté à la démocratie dans la sous-région.

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