Grève des enseignants au Gabon : le dialogue relancé sous médiation présidentielle
La crise qui secoue le système éducatif gabonais depuis plus d’un mois et demi pourrait connaître un premier tournant. Réunis en assemblée générale à Libreville, les enseignants grévistes, mobilisés au sein du mouvement SOS Éducation, ont accepté le principe de discussions avec les autorités, sous la médiation proposée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
À l’unanimité, les participants ont validé le choix du médiateur désigné par le chef de l’État, le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. Prenant la parole devant les enseignants, ce dernier a souligné la nécessité de recréer un canal de dialogue, interrompu depuis plusieurs semaines, entre le gouvernement et le mouvement syndical.
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Des conditions avant le retour en classe
Malgré cette ouverture, SOS Éducation pose des exigences claires avant toute reprise des cours. La principale concerne la libération de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, deux figures syndicales incarcérées pour leur soutien à la grève. Pour les enseignants, ce geste est indispensable afin de créer un climat propice à des négociations sereines.
Se définissant comme un mouvement né spontanément, sans hiérarchie centralisée, SOS Éducation a désigné neuf représentants, chacun issu d’une province du pays, pour mener les échanges. Parmi eux, Honorine Angue Mintsa estime que la levée ou la suspension de la grève dépendra de l’adhésion de la base à un protocole de sortie de crise clairement établi.
En parallèle, le ministère de l’Éducation nationale tente d’éviter une année scolaire compromise. La ministre Carmélia Ntoutoume Leclerq multiplie les consultations avec les responsables d’établissements afin d’envisager une réouverture progressive des écoles, dans l’attente d’un accord durable.