États-Unis : Trump étend les restrictions de voyage, l’Afrique fortement concernée
L’administration Trump a annoncé, mardi 16 décembre, une extension majeure des restrictions de voyage vers les États-Unis, une décision qui touche particulièrement plusieurs pays africains. Cette mesure, qui entre en vigueur le 1er janvier, porte à plus de 30 le nombre total de nations soumises à une interdiction totale ou partielle d’entrée sur le territoire américain.
Parmi les pays africains désormais concernés, cinq font l’objet d’une interdiction totale : le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Soudan du Sud, ainsi que la Syrie. Quinze autres pays africains subissent des restrictions partielles, notamment le Nigeria, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin ou encore la Tanzanie. Ces mesures frappent ainsi directement des millions de citoyens africains, limitant leur accès aux États-Unis et impactant les relations diplomatiques et économiques avec le continent.
Selon la Maison-Blanche, cette décision vise à renforcer les normes de sécurité en matière d’immigration et de contrôle des voyageurs. Les autorités américaines invoquent des préoccupations liées à la corruption, à la fiabilité des documents d’identité, au dépassement des visas et à la sécurité nationale. Certaines catégories restent toutefois exemptées, parmi lesquelles les résidents permanents légaux, les diplomates, les athlètes ou les personnes dont l’entrée servirait les intérêts des États-Unis.
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Restrictions élargies
L’extension des restrictions survient après l’arrestation d’un ressortissant afghan accusé d’avoir tiré sur deux soldats de la Garde nationale près de la Maison-Blanche lors du week-end de Thanksgiving. Mais pour de nombreux défenseurs des droits humains et associations de réfugiés, cette mesure n’est pas motivée par la sécurité nationale mais constitue une stigmatisation collective basée sur l’origine des personnes.
« Cette interdiction élargie n’a rien à voir avec la sécurité nationale. Elle vise à diaboliser des personnes uniquement en raison de leur origine », dénonce Laurie Ball Cooper, de l’International Refugee Assistance Project. Les défenseurs des Afghans ayant soutenu les forces américaines pointent également la suppression des exemptions pour les bénéficiaires potentiels de visas spéciaux, pourtant soumis à des contrôles renforcés.
Plusieurs pays africains concernés ont annoncé qu’ils allaient évaluer cette décision et envisager des réponses diplomatiques, tandis que l’opposition américaine promet de contester la mesure devant les tribunaux. Ce nouveau tour de vis pourrait ainsi nourrir tensions et débats sur la politique migratoire américaine et ses conséquences à l’échelle internationale.