Elections en Mauritanie : pas de surprise !

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Près de 72% de taux de participation lors du premier tour des élections législative, régionales et municipalises en Mauritanie, le 13 mai 2023.Un des bureaux de vote des élections législatives, régionales et municipales, le 13 mai 2023.
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Comme prévu, le parti du président Mohamed Ould Ghazouani prend la tête des scrutins dès le premier tour des élections législatives, régionales et municipales, tenu le 13 mai en Mauritanie. Les résultats officiels ont été communiqués dimanche 21 mai. Ils font état d’une large victoire du parti au pouvoir  Al Insaf, seule formation à présenter des candidats dans l’ensemble des circonscriptions du pays, y compris en zone rurale. Le taux de participation a, lui, atteint 71,8%, pour 25 formations politiques en lice. 

Selon les chiffres officiels, provisoires, communiqués par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), 80 sièges sur 176 ont été remportés par le parti au pouvoir, et 36 autres par les formations alliées, dans les premières élections que connaît le pays depuis 2019. Le reste des sièges a été partagé par les 24 autres partis participants. L’opposition devra ainsi se contenter de 24 sièges à l’Assemblée nationale, dont 9 pour le mouvement Tawassoul, principal challenger dans ces élections, au côté du parti Sawab allié à l’ex-candidat à la présidentielle mauritanienne et leader de l’opposition, Biram Dah Abeid. Ce dernier, arrivé deuxième aux présidentielles de 2019, s’est vu interdire, depuis, sa formation politique (IRA-Mauritanie), l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste.

Al insaf a également raflé les 13 conseils régionaux du pays, ainsi que 165 communes sur 238. L’opposition devra ainsi partager les 73 communes restantes avec les partis de la majorité présidentielle. Des chiffres provisoires, dans l’attente d’une validation de la Cour suprême, sur fond de soupçons de fraudes.

Des partis de la majorité présidentielle avaient commencé par réclamer une reprise des votes dans l’ensemble du pays. Ils ont pointé du doigt, dans une conférence de presse tenue le jeudi 18 mai, la Commission électorale nationale indépendante (Céni), pour ce qu’ils qualifient de: “manquements et faiblesse notoire” . Même son de cloche du côté de l’opposition. Ces derniers, veulent également une reprise du vote, précisément à Nouakchott, dont le sud est le fief du parti Tawassoul, ainsi que dans la localité de Boutilimit. L’opposition a également appelé à manifester, la semaine du deuxième tour des élections, afin de dénoncer les “fraudes énormes” que connaissent les scrutins. 

Le deuxième tour de ces élections législatives, régionales et municipales est prévu le 27 mai prochain. Il y est question de 36 sièges de députés restants à pourvoir. Pour le parti Al Insaf, ces résultats montrent la confiance du peuple mauritanien et la réussite des politiques entreprises par le général Ould Ghazouani, depuis son arrivée au pouvoir en 2019. Avec un deuxième mandat pour 2024 en ligne de mire. 

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