Diplomatie : réchauffement des relations Algérie-Niger
Les tensions entre l’Algérie et le Niger semblent désormais derrière elles. Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte nigérienne, a été reçu lundi au palais présidentiel d’Alger par le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre marque un dégel des relations bilatérales après plusieurs mois de froideur.
Après l’entretien, Abdelmadjid Tebboune a salué cette visite comme un moyen de « mettre fin à une période anormale de froideur » entre les deux capitales, tandis que le général Tiani a confirmé « une volonté commune d’insuffler une nouvelle dynamique à notre coopération fraternelle et à notre bon voisinage ».
Contexte régional et tensions passées
Les relations entre l’Algérie, le Niger, le Mali et le Burkina Faso, trois pays gouvernés par des juntes et membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), s’étaient détériorées. Et ce, après qu’un drone malien avait été abattu par l’armée algérienne en avril 2025. Les pays sahéliens avaient alors rappelé leurs ambassadeurs à Alger, provoquant une réaction similaire de l’Algérie.
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La semaine dernière, le retour de l’ambassadeur algérien au Niger a été décidé par Abdelmadjid Tebboune pour relancer le dialogue bilatéral, juste après la reprise des activités de l’ambassadeur nigérien à Alger. Parallèlement, une délégation algérienne s’est rendue au Burkina Faso pour renforcer la coopération dans les secteurs minier et énergétique.
Gazoduc transsaharien : priorité stratégique
Le dégel des relations se concrétisera par le lancement du premier tronçon du gazoduc transsaharien (TGSP) traversant le Niger. Abdelmadjid Tebboune a annoncé que les démarches pratiques pour la pose du pipeline débuteront juste après le Ramadan, autour du 19 mars.
Long de plus de 4.000 km, le TGSP doit transporter le gaz extrait au Nigeria vers l’Algérie, puis vers l’Union européenne via le gazoduc Transmed ou sous forme de GNL transporté par méthaniers. Le projet avait été accéléré début 2025 avant la crise entre Alger et les pays sahéliens.
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Coopération économique et sociale
Le président algérien a également proposé son soutien au Niger, confronté à de grandes difficultés économiques, dans plusieurs domaines : santé (notamment création d’un service de dialyse), éducation et lutte antiterroriste. « Nous sommes dans le même camp et nous coopérerons au maximum en mobilisant toutes les capacités et l’expertise » de l’Algérie, a souligné Abdelmadjid Tebboune.
Malgré le rapprochement avec le Niger, l’Algérie doit composer avec la méfiance du Mali, confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire alimentée par le JNIM, l’EI et des groupes criminels locaux. Bamako soupçonne l’Algérie d’entretenir des liens avec certains groupes dans la zone frontalière.
Un diplomate malien a rappelé que le Niger est « libre d’avoir des relations avec qui il veut, pourvu que cela ne nuise pas aux intérêts de la confédération AES ». Néanmoins, des responsables maliens ont demandé des « éclaircissements » sur cette visite, estimant qu’ils auraient dû être informés au préalable.