Burkina Faso : la junte déjoue une nouvelle tentative de déstabilisation

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Burkina Faso : la junte déjoue une nouvelle tentative de déstabilisationLe président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir en 2022 par un coup d'État © AP Photo / Sergei Bobylev
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La junte burkinabè a annoncé mardi soir avoir déjoué pour la « énième fois » une « tentative de déstabilisation » visant à éliminer son chef, le capitaine Ibrahim Traoré. Selon les autorités, l’ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba serait le cerveau de ce complot.

Le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Traoré, arrivé au pouvoir en septembre 2022 après un coup d’État contre Damiba, lui-même auteur d’un putsch quelques mois plus tôt ayant renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré.

« Le Burkina Faso a déjoué pour la énième fois une tentative de déstabilisation », a déclaré à la télévision nationale le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana.

Il a précisé que « le 3 janvier 2026, à 23 h (locales et GMT), il était prévu une action de déstabilisation du pays (…) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré (…) soit à bout portant, soit par une action pour miner son domicile ».

Lire aussi : Le Burkina Faso sous haute tension après une nuit de soupçons de coup d’État 

« Après cela, devait suivre une action de mise hors service de la base de drones et une intervention militaire terrestre des forces extérieures », a ajouté le ministre, qui a préféré ne pas donner plus de détails « pour éviter de compromettre l’efficacité des enquêtes ».

Selon le ministre Sana, « l’acteur principal » de ce complot est « l’ex lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba », en exil au Togo depuis sa chute. Il « a eu pour mission clé de concevoir et planifier les actions, de rechercher et mobiliser les fonds, de recruter les populations civiles et militaires ».

Un plan financé depuis la Côte d’Ivoire

Une partie du financement de cette « tentative de déstabilisation » proviendrait de la Côte d’Ivoire, la dernière opération s’élevant à 70 millions de FCFA (environ 106.000 euros). Des interpellations ont été effectuées et se poursuivent, selon le ministre.

La télévision nationale a diffusé un « aveu » d’un homme présenté comme un « commerçant » et un « acteur clé » qui a déclaré s’être rendu en Côte d’Ivoire pour récupérer ces fonds sur instruction de Damiba.

Depuis sa prise du pouvoir, la junte a affirmé plusieurs fois avoir déjoué des complots visant à la renverser, le plus récent datant d’avril 2025, avec une dizaine d’officiers et de sous-officiers arrêtés.

Les relations entre le Burkina et la Côte d’Ivoire restent tendues. Le capitaine Traoré accuse régulièrement Abidjan d’héberger « un centre d’opérations pour déstabiliser » son pays, accusations démenties par le gouvernement ivoirien. « Nous attendons jusqu’à ce jour les preuves de ses accusations », avait déclaré en octobre Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien.

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