Bénin : Romuald Wadagni dévoile son projet pour la présidentielle

Temps de lecture :
Bénin : Romuald Wadagni dévoile son projet pour la présidentielleRomuald Wadagni déroule son projet de société le 21 mars 2026 à Cotonou. © Facebook Romuald Wadagni
A A A A A

Au Bénin, Romuald Wadagni, ministre des Finances et candidat soutenu par la majorité au pouvoir, a présenté son projet de société à moins d’un mois de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026. Désigné pour porter la succession de Patrice Talon, il cherche à installer son image de candidat de continuité, tout en affirmant qu’il exercera la magistrature suprême sans tutelle politique.

Cette campagne s’ouvre dans un contexte de concurrence limitée. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, n’a pas de candidat en lice, ce qui réduit l’affiche électorale à un duel avec Paul Hounkpè, soutenu par une formation de moindre poids. L’enjeu central porte désormais autant sur la participation que sur l’issue du scrutin, dans un pays souvent cité pour sa stabilité institutionnelle en Afrique de l’Ouest, au sein d’une CEDEAO fragilisée ces dernières années par plusieurs crises politiques dans la région.

Romuald Wadagni face à l’enjeu de la continuité et de l’autonomie

Le candidat met en avant son profil de gestionnaire et son expérience à la tête des finances publiques béninoises. Son ascension s’appuie sur les performances macroéconomiques enregistrées sous le mandat de Patrice Talon, notamment une croissance régulièrement saluée par les institutions financières africaines et internationales, malgré les tensions régionales, la hausse des prix importés et les effets du ralentissement mondial. Cette trajectoire économique constitue l’un des principaux arguments de la majorité pour défendre une transition sans rupture.

Lire aussi : Bénin-Côte d’Ivoire-France : coopération militaire renforcée face à la menace terroriste

Dans sa prise de parole, Romuald Wadagni insiste toutefois sur son indépendance politique. Il assure que sa désignation ne relève pas d’un simple passage de témoin personnel, mais d’un choix concerté au sein du camp présidentiel. Cette question de l’autonomie est au cœur du débat public au Bénin, où la réforme du système partisan et le resserrement de l’espace électoral ont nourri des critiques de l’opposition et d’organisations de la société civile. Le candidat cherche ainsi à apparaître comme l’héritier d’un bilan, sans être perçu comme un président de transition ou un chef de l’État sous influence.

Au-delà du cas béninois, cette séquence est observée dans plusieurs capitales africaines comme un test de succession au sein d’un pouvoir civil stable, dans une sous-région marquée par les ruptures institutionnelles. L’Union africaine et la CEDEAO défendent officiellement des transferts de pouvoir conformes aux règles constitutionnelles, mais la crédibilité d’un scrutin dépend aussi du pluralisme effectif et de la mobilisation des électeurs. Dans ce contexte, le projet présenté par le candidat vise à rassurer les milieux économiques, à prolonger les réformes engagées et à convaincre un électorat dont la participation aux législatives du 11 janvier 2026 est restée modeste. Pour la majorité, l’objectif est de transformer un scrutin annoncé comme favorable en victoire politiquement incontestable.

Recommandé pour vous

Niger : un haut responsable militaire évoque « une guerre avec la France », Paris dément

Politique - Lors d’un rassemblement organisé dans la capitale, le général Amadou Ibro a lancé des propos qui ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux : « sachez que nous allons entrer en guerre avec la France », a-t-il déclaré devant des milliers de jeunes, suscitant des applaudissements et des chants hostiles à l’égard de la France.

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.

Congo : Denis Sassou Nguesso officialise sa candidature à la présidentielle du 15 mars

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a annoncé, jeudi 5 février, sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 15 mars prochain.

Développement : le Burkina Faso adopte un Plan de relance pour 2026-2030

politique - Le Burkina Faso a adopté un Plan de relance 2026-2030 pour encadrer son développement pour une somme de 36.000 milliards FCFA

Égypte en tête, percées sahéliennes et surprises nord-africaines : le classement militaire africain 2026

Politique - Le site américain Global Firepower (GFP) a publié, le 21 janvier, son classement annuel des forces militaires mondiales.
pub