Bassirou Diomaye Faye : l’espoir de la jeunesse sénégalaise

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Bassirou SallBassirou Diomaye Faye reçu jeudi au Palais présidentiel par Macky Sall © DR
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Bassirou Diomaye Faye pourrait être proclamé définitivement vainqueur de la présidentielle d’ici la fin de la semaine. Selon les résultats provisoires, il a largement remporté la présidentielle dès le 1er tour avec 54,28% des voix, loin devant le candidat du pouvoir Amadou Ba (35,79%). Si aucun des 19 candidats ne conteste les résultats, le Conseil constitutionnel devrait officialiser la victoire de Diomaye Faye, parachevant une ascension extraordinaire et expresse jusqu’au sommet de l’Etat, d’un homme qui était en prison il y a trois semaines. Ce dernier représente l’espoir de toute une jeunesse…

L’ancien inspecteur des Impôts et domaines sénégalais, a soufflé ses 44 ans bougies à la veille de son élection. Considéré comme novice en politique du fait qu’il n’a jamais occupé une fonction élective nationale auparavant, Bassirou Diomaye Faye est devenu le cinquième président et va donc guider la destinée des 18 millions de Sénégalais, en plus d’être le plus jeune président de l’histoire du pays.

La candidature de Bassirou Diomaye Faye a été portée par la jeunesse. Celle-ci voit en lui le sauveur, la personne qui va mettre le Sénégal sur la voie de l’émergence, en luttant contre la corruption, le népotisme et surtout en renégociant les contrats pétrolier et le gazier.

Il faut souligner que le nouveau président a bénéficié d’une loi d’amnistie qui lui a permis de sortir de prison après 11 mois de détention, en même temps que son mentor et chef de parti Ousmane Sonko.

Maintenant c’est au tour du Conseil constitutionnel d’examiner d’éventuels recours de candidats et de déclarer définitivement le vainqueur, ou d’annuler l’élection, hypothèse hautement invraisemblable.

Selon la loi, les candidats disposent de 72 heures dès la publication des résultats par la commission nationale de recensement des votes pour faire un recours. Mais le Conseil a donné à tout contestataire jusqu’à jeudi minuit (vendredi 00H00 GMT) pour se manifester, probablement pour faire en sorte qu’une passation ait lieu avant le 2 avril, date officielle de fin du mandat de Macky Sall.

L’accession à la magistrature suprême du candidat antisystème, a été saluée par la communauté internationale à l’instar du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui « félicite chaleureusement le président Bassirou Diomaye Faye à l’occasion de la proclamation officielle de son élection au premier tour» avec plus de 54% des voix au scrutin de dimanche et lui souhaite plein succès dans sa lourde et noble charge ».

La transition est en marche

Dans la journée du jeudi, les services de la présidence sénégalaise ont publié des photos d’un nouveau moment hors du commun dans une séquence qui n’en a pas manqué en deux mois de crise : l’accueil au palais présidentiel de Bassirou Diomaye Faye par le sortant Macky Sall., il était accompagné de son mentor Ousmane Sonko. Les photos montrent les trois hommes souriants en train de se saluer et Diomaye Faye poser la main sur l’épaule de son futur prédécesseur.

Une rencontre empreinte de courtoisie au cours de laquelle Macky Sall et son successeur ont discuté en profondeur des grands dossiers de l’État, ainsi que de la cérémonie de prestation de serment et de passation de service, rapporte la présidence.

Cette audience s’est suivie d’une visite du Palais présidentiel, où les discussions se sont poursuivies dans un cadre solennel, marquant ainsi le début d’une transition politique significative.

C’est un moment historique, pour le nouveau président élu et son accompagnant mais aussi pour la démocratie sénégalaise. Car le Sénégal, réputé comme l’un des pays les plus stables d’Afrique de l’Ouest, a connu une période de tension faisant au passage une dizaine de morts et des centaines de personnes arrêtées depuis 2021, dont la majorité étaient des partisans du nouveau président.

Le problème de la monnaie

L’’élection du candidat Bassirou Diomaye Faye fait planer un peu plus d’incertitude sur l’avenir du franc CFA en Afrique de l’Ouest, même si abandonner cette monnaie commune reste une aventure économique incertaine.

Durant sa courte campagne, Bassirou Diomaye Faye a pôné une rupture avec la devise actuelle, utilisée dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA : Sénégal, Mali, Burkina, Niger, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin et Guinée-Bissau).

Cette monnaie est également utilisée dans six pays d’Afrique centrale, dans une union monétaire distincte, où le débat sur une éventuelle sortie est pour l’heure moins intense. Le franc CFA, dont les billets sont imprimés à Chamalières en France, a toujours fait l’objet de critiques.

A cela s’ajoute sa parité, arrimée à un euro fort qui pénalise les exportations. La montée du sentiment hostile à la politique française en Afrique dans plusieurs pays de la région, notamment au sein des populations les plus jeunes, a accentué l’impopularité de la devise.

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