Bankole Adeoye (UA) : « la démocratie n’est pas parfaite mais reste la seule voie pour garantir la paix »

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Le Commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité et le ministre marocain des Affaires étrangèresLe Commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité et le ministre marocain des Affaires étrangères. ©Dr

L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Rabat, a accueilli un séminaire organisé par la Commission de l’Union Africaine (UA) et le Policy Center for the New South (PCNS) sous le thème « Élections et démocratie en Afrique : Nouvelles perspectives, leçons apprises et meilleures pratiques ». Cette occasion a permis aux différents panélistes d’échanger sur la démocratie en Afrique avec des observateurs de l’UA, sous la direction du commissaire aux Affaires politique, à la Paix et à la Sécurité, Bankole Adeoye.

Le commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine (UA), Bankole Adeoye, estime que la démocratie africaine est le tributaire d’un processus électoral juste et équitable qui porte la voix du peuple. Il s’exprimait à l’occasion d’un séminaire organisé par la Commission de l’UA et le Policy Center for the New South (PCNS) sous le thème « Élections et démocratie en Afrique : Nouvelles perspectives, leçons apprises et meilleures pratiques ».

Ce dernier souligne que les élections constituent souvent un défi, mais restent le seul moyen de choisir les leaders. « Nous travaillons sur les meilleures pratiques dans les processus électoraux, dans les institutions, leur construction. C’est l’Afrique à laquelle nous aspirons. Sans démocratie, ceci ne sera pas possible et nous ne pouvons pas avoir de paix sans démocratie », explique-t-il.

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Il a refusé de donner une définition à la démocratie, « nous ne définissons pas la démocratie, mais l’élaboration de la démocratie pour ne pas aller droit dans le mur. Et cela signifie libertés, libertés fondamentales. Inclusion qui prend en considération chaque petit segment de la société reddition de comptes ou redevabilité », en ajoutant que la démocratie renvoie à tout ce qui a de meilleur comme les services de santé et éducatifs et des infrastructures de qualité, ou la nécessité de promouvoir les services publics, sur fond d’un système politique transparent qui favorise l’intérêt général de la population.

La démocratie n’est pas quelque chose de statique, c’est un travail en progrès continu et c’est la raison pour laquelle « nous voulons construire une Union africaine des peuples, des populations, pas uniquement des gouvernements. C’est ce qui sauvera la démocratie. Nous devons rallier les institutions pour travailler à l’amélioration des conditions des peuples », a déclaré le commissaire.

La démocratie n’est pas quelque chose de statique

Bankole Adeoye se dit conscient que la démocratie n’est pas parfaite. Elle peut être décevante parfois, mais c’est un plan de travail qui va donner les opportunités aux meilleurs de pouvoir se mettre au service de leur population et prendre soin d’eux à travers l’inclusion et la redevabilité. Il souligne que la démocratie peut permettre de garantir la paix et de réduire les conflits sur le continent.

Par ailleurs, il a appelé à la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme qui mettent en danger les fondamentaux des droits de l’Homme, relevant l’impératif de faire valoir le constitutionnalisme et la primauté du droit afin d’assurer la paix et la stabilité.

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Pour sa part, le président exécutif du Policy Center for the New South (PCNS), a déclaré que l’Afrique fait encore face à des défis et des difficultés d’ordre démocratique, mettant en avant le rôle des élections en faveur de transitions politiques pacifiques et équitables.

Sous ce rapport, l’universitaire a persisté sur l’importance de l’efficacité des élections en matière d’organisation et de transparence afin de susciter l’adhésion de la population, plaidant pour la tenue des promesses électorales, notamment en rapport avec l’amélioration du niveau de vie, des emplois et des services de base.

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Pour lui, il s’agit d’une espèce de « magistère et d’inspiration » pour un meilleur avenir au profit des plus vulnérables, en mettant en exergue le besoin de l’observation des élections pour l’amélioration progressive des démocraties.

Ce premier « Séminaire sur les élections et la démocratie en Afrique » se déroule en parallèle de la troisième édition du Cycle de formation spécialisée des observateurs africains des élections. Il offre ainsi une occasion unique d’améliorer l’intégration des connaissances et des compétences en matière d’observation et de gouvernance électorales. Cet évènement est coorganisé par le ministère marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et l’Union Africaine.

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