Algérie-Émirats : Abou Dhabi espère une rupture temporaire

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Algérie-Émirats : Abou Dhabi espère une rupture temporaireLe président algérien, Abdelmadjid Tebboune (à gauche), discute avec son homologue émirati, Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, à Savelletri (Italie), le 14 juin 2024. © LUDOVIC MARIN / AFP
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L’Algérie a annoncé jeudi 10 septembre la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, une décision à laquelle Abou Dhabi souhaite voir une issue rapide. Le ministère émirati des Affaires étrangères a exprimé l’espoir que cette rupture demeure « temporaire », sans annoncer de mesure similaire en réponse.

La diplomatie algérienne affirme avoir pris cette décision après une série d’actions qu’elle considère comme hostiles ou provocatrices. Alger estime avoir utilisé tous les moyens disponibles pour préserver les relations entre les deux pays. L’ambassadeur des Émirats a par ailleurs été convoqué et informé qu’il disposait de 48 heures pour quitter le territoire algérien.

Du côté émirati, le communiqué publié par l’agence officielle WAM insiste plutôt sur les liens existant entre les deux peuples ainsi que sur la présence de la communauté algérienne aux Émirats.

Lire aussi : Algérie : pourquoi Alger rompt-elle avec les Émirats arabes unis ?

Des intérêts économiques toujours en jeu

Au-delà du volet diplomatique, plusieurs intérêts économiques pourraient être concernés. Les échanges commerciaux entre les deux pays dépassaient 337 millions de dollars en 2015, dont l’essentiel correspondait aux importations algériennes en provenance des Émirats.

Les investissements émiratis portent notamment sur le secteur portuaire. DP World Djazair, détenue à parts égales par DP World et l’Entreprise portuaire d’Alger, exploite depuis 2008 le terminal à conteneurs du port d’Alger dans le cadre d’une concession de 30 ans, courant jusqu’en 2038. Un accord similaire avait été conclu la même année pour le port de Djendjen, près de Jijel.

Les relations économiques s’étaient toutefois déjà dégradées. En 2025, la presse économique algérienne avait fait état de restrictions concernant certains actes liés à United Tobacco Company, détenue conjointement par Madar Holding et des investisseurs émiratis. Fin juillet, le président Abdelmadjid Tebboune avait également écarté l’éventualité d’un arbitrage international engagé par Abou Dhabi.

Sur le plan aérien, les liaisons directes entre les deux pays restent couvertes par la convention en vigueur jusqu’en février 2027, malgré sa dénonciation par Alger en février 2026.

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