Afrique du Sud : le DBRP du sucre au cœur d’un bras de fer entre producteurs et industriels

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Nouvel appui financier à la filière sucrièreLe sucre (image d'illustration) © DR
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La Commission de l’administration du commerce international d’Afrique du Sud (ITAC) se retrouve au centre d’un conflit d’intérêts opposant l’Association sud-africaine du sucre et le Syndicat des boissons d’Afrique du Sud (BevSA) au sujet du niveau du prix de référence basé sur le dollar (DBRP), le principal mécanisme de protection des importations de sucre hors de l’Union douanière d’Afrique australe (UDAA). Les deux organisations ont déposé des requêtes contradictoires qui déclenchent une réévaluation officielle par l’instance de régulation.

Le DBRP sert de seuil ; lorsque la valeur des cargaisons importées descend sous ce prix de référence, des droits additionnels s’appliquent pour protéger la production locale. En vigueur depuis 2018 à 680 dollars la tonne, ce niveau conditionne la survenue des surtaxes et influence directement la compétitivité du sucre importé face au sucre local.

L’Association sud-africaine du sucre demande une remontée du DBRP à 905 dollars la tonne, arguant d’une vague d’importations qui, selon elle, a déjà infligé des pertes lourdes aux producteurs locaux et menace la viabilité de la filière. L’association souligne notamment une forte augmentation des volumes importés et chiffre, dans ses communications publiques, un impact financier significatif sur la campagne récente.

À l’inverse, le Syndicat des boissons plaide pour une baisse du DBRP, une fourchette comprise entre 552 et 650 dollars, en mettant en avant le coût élevé des droits pour les producteurs de boissons, les embouteilleurs et, in fine, les consommateurs. BevSA avertit que des droits trop lourds répercutés sur la chaîne de valeur risquent d’alourdir les prix et de fragiliser l’industrie des boissons.

L’ITAC a annoncé qu’elle recueillerait des commentaires et des données auprès de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur avant de statuer, signe que la décision relève autant d’un arbitrage technique (formule de calcul, paramètres de marché, taux de change) que d’un choix politique au regard des objectifs de relance et de maintien des emplois.

Le contexte pèse lourd. En effet, après une baisse des cours internationaux du sucre en 2024, les prix ont poursuivi leur recul en 2025, entraînant des seuils de déclenchement des droits moins fréquemment atteints. Par ailleurs, plusieurs observateurs et collectifs de producteurs alertent sur une hausse exceptionnelle des importations en 2025, qui a accentué la pression sur les prix et les marges locales.

Lire aussi : L’Afrique du Sud rejoint Afreximbank et lance un programme pays de 8 milliards de dollars

Enjeux pour la filière et la politique industrielle

La décision de l’ITAC aura des conséquences immédiates et différenciées. Un DBRP relevé renforcerait la protection tarifaire et allégerait la pression sur les planteurs et les usines de transformation, au prix d’un renchérissement des intrants pour les industriels consommateurs de sucre et d’un coût potentiel pour les consommateurs. À l’inverse, un DBRP abaissé réduirait le coût d’approvisionnement pour l’industrie des boissons, mais risquerait, selon les producteurs, de fragiliser la chaîne d’approvisionnement locale et d’accélérer des pertes d’emplois.

L’ITAC a publié l’avis officiel invitant les parties prenantes et les tiers intéressés à soumettre leurs observations et données. La commission dispose désormais d’éléments techniques et d’arguments contradictoires qu’elle devra évaluer avant de formuler une recommandation. Cette décision, très attendue des deux camps, sera scrutée pour son impact sur les prix domestiques, l’emploi dans les zones sucrières et la santé de la chaîne nationale du sucre.

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