Tunisie : protestations populaires et remaniement du gouvernement

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Tunisie : le pays va (très) mal
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Des centaines de manifestants antigouvernementaux ont affronté la police anti-émeute devant le Parlement tunisien le mardi 26 janvier, alors que les législateurs annonçaient un remaniement du gouvernement dans un contexte d’agitation croissante. Ravagé par une crise politique et économique aggravée par la pandémie Covid-19, le pays nord-africain a été secoué par une vague de colère populaire contre une classe politique considérée comme obsédée par le pouvoir et déconnectée de la souffrance de la population.



Le Premier ministre Hichem Mechichi a déclaré à l’assemblée qu’en nommant 11 nouveaux ministres pour les départements de l’intérieur, de la justice, de la santé et d’autres portefeuilles clés, il vise à créer une équipe de réforme «plus efficace». Il s’est toutefois heurté à l’opposition du président Kais Saied, qui a souligné qu’il n’avait pas été consulté avant cette démarche. Saied a accusé l’un des ministres proposés d’être impliqué dans une affaire de corruption, et trois autres d’être suspectés de conflits d’intérêts.



Par ailleurs, les forces de sécurité ont procédé à des arrestations massives pendant les émeutes nocturnes quotidiennes et les protestations, dénonçant la répression policière, la pauvreté, l’inégalité et la corruption. La Tunisie a souvent été saluée comme une rare réussite pour sa transition démocratique après les soulèvements du printemps arabe déclenchés par sa révolution de 2011. Mais de nombreux Tunisiens sont irrités aujourd’hui par la classe politique qu’ils accusent d’être à l’origine de l’effondrement économique du pays, de l’explosion du chômage et de la flambée des prix.


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