Tempête sur la liberté de la presse

Temps de lecture :
togo-journalist-protest-security-forces-gettyUn journaliste devant un service de sécurité durant une manifestation à Lomé, au Togo - 2013 © Getty Images
A A A A A

Exercer le journalisme aujourd’hui en Afrique équivaut à prendre des risques considérables, y compris pour sa propre sécurité. Presque partout, de l’Éthiopie au Zimbabwe, et encore plus dans les pays dirigés par des juntes militaires, la liberté de la presse n’a jamais été autant en danger. Pour ces régimes, la seule information qui vaille est la désinformation, sinon la propagande. Et, gare aux médias qui sortent de cette ligne ou qui se montrent critiques. Des snipers agissant sur les réseaux de médias factices sont chargés de dénigrer les journalistes qui ne se plient pas aux injonctions patriotiques imposées par les juntes au pouvoir.

Les arrestations arbitraires sur des bases fallacieuses, ciblant des journalistes d’investigation, se multiplient, voire des stratagèmes pour faire taire toute voix discordante. À Ouagadougou, les capitaines au pouvoir, sous prétexte de la mobilisation contre le terrorisme, enrôlent de force des journalistes en les envoyant combattre les djihadistes au front. Cela équivaut à une condamnation à mort déguisée. En Guinée, trois chaînes de télévision viennent d’être retirées des bouquets de Canal+ et de StarTimes pour des prétendues raisons de « sécurité nationale », sans notification, et dans l’incompréhension générale. En RDC, Stanis Bujakera Tshiamala, correspondant de Jeune Afrique, croupit en prison pour avoir prétendument créé, puis diffusé, une note des services de renseignement sur la mort d’un opposant politique. Et les exemples de ce genre, on peut les multiplier.

Hier modèle en matière de liberté de la presse, le Sénégal décroche au classement de RSF du fait de la manipulation de l’appareil judiciaire contre des journalistes critiques. Cela sans compter les menaces de bandes armées se revendiquant du parti au pouvoir à l’encontre des professionnels des médias. Bref, pour la presse africaine, la météo s’assombrit plus que jamais. En attendant, peut-être, une éclaircie en 2024.

Recommandé pour vous

Tintin au Kenya

Agacé par le bruit, Tintin le décontracté s'est levé pour pousser une gueulante mémorable, exigeant le silence comme s'il s'adressait à une classe de cancres.

Emmanuel Macron en visite stratégique en Éthiopie

Afrique - Après Nairobi, Emmanuel Macron se rend en Éthiopie pour consolider un partenariat stratégique mêlant économie, sécurité et diplomatie.

Tunisie : la peine des journalistes tunisiens confirmée en appel

Afrique - En Tunisie, la justice confirme la peine de deux journalistes en appel. Retour sur une affaire qui relance le débat sur la liberté de la presse.

Les espaces maritimes africains face au défi de la gouvernance et du développement

Economie - Lors de l’African Maritime Symposium, experts et juristes ont appelé les pays africains à mieux valoriser leur potentiel maritime et à faire de l’économie bleue un véritable levier de développement.

African Maritime Symposium : vers une véritable pensée stratégique maritime

Economie - Lors de la 3e édition de l’African maritime symposium, experts et chercheurs ont appelé l’Afrique à faire de ses espaces maritimes un levier stratégique.

« Africa Forward », laboratoire d’un nouveau récit français sur l’Afrique ?

Économie - Le sommet « Africa Forward » marque la volonté de la France de redéfinir les relations franco-africaines.
pub