Restructuration de la dette : la Zambie sur la bonne voie

Temps de lecture :
LusakaVue aérienne de Lusaka, capitale de la Zambie © DR
A A A A A

Après l’accord historique approuvé lors des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) à Marrakech, la Zambie a franchi jeudi une autre étape significative dans ses efforts pour rétablir sa stabilité financière. Le Comité directeur des détenteurs d’obligations externes de la Zambie a donné son accord de principe concernant la restructuration de ses euro-obligations. Cet accord concerne trois émissions d’obligations, à savoir celles arrivant à échéance en 2022, 2024 et 2027, représentant un montant total de 3 milliards de dollars.

L’accord proposé est conçu pour apporter un allègement notable du fardeau de la dette à la Zambie, soutenant ainsi ses efforts pour rétablir la viabilité macroéconomique, dans le cadre du programme financé par le FMI, tout en résolvant un défaut de paiement de longue date sur ses euro-obligations. Les conditions de restructuration prévoient à la fois un allègement initial substantiel de la dette et des mesures futures proportionnelles aux progrès économiques du pays au cours des prochaines années.

Détails de l’accord

L’accord inclut des améliorations dans les conditions de remboursement et des coupons plus élevés sur l’une des deux nouvelles euro-obligations à émettre, si la capacité d’endettement de la Zambie s’améliore ou si elle atteint les projections du FMI en matière d’exportations de biens et de services ainsi que de recettes fiscales en dollars américains. Cette approche est en ligne avec l’accord récemment conclu avec le comité des créanciers officiels de la Zambie.

Le Comité directeur des détenteurs d’obligations externes de la Zambie a salué les discussions constructives avec le gouvernement, soulignant l’importance de l’accord pour la Zambie. Un porte-parole du Comité a déclaré que cet accord rétablira l’accès de la Zambie aux marchés internationaux des capitaux et stimulera les investissements à long terme, au bénéfice de la population zambienne. Il a également souligné que cette solution innovante pourrait servir de modèle pour les futures restructurations de dettes souveraines.

Une application imminente, selon la Zambie

La mise en œuvre de cet accord est prévue avant la fin de l’année, sous réserve d’un accord mutuel sur la documentation de l’opération. Le Comité a encouragé tous les détenteurs d’euro-obligations à examiner attentivement les termes de l’offre prospective du gouvernement et à réaliser leur propre évaluation des avantages et des risques de la participation.

Le Comité des créanciers comprend des gestionnaires d’actifs tels qu’Amia Capital LLP, Amundi (UK) Limited, RBC BlueBay Asset Management, Farallon Capital Management, LLC et Greylock Capital Management, LLC, avec Newstate Partners et Weil Gotshal & Manges (London) LLP en tant que conseillers.

Lire aussi : Restructuration de la dette : la Zambie sur la bonne voie

Recommandé pour vous

Inde-Afrique : New Delhi se tourne vers les producteurs africains d’engrais

Les perturbations autour du détroit d'Ormuz poussent l'Inde à revoir en profondeur ses circuits d'approvisionnement en engrais en se tournant vers le marché africain, dont le Maroc

Tanzanie : un programme de 231 millions de dollars pour développer le secteur laitier

La Tanzanie a lancé un programme de 231 millions de dollars destiné à développer son secteur laitier au cours des dix prochaines années, selon les données du ministère de l’Élevage

Commerce intra-africain : 77 milliards de dollars en jeu

Afreximbank estime à plus de 77 milliards de dollars le potentiel du commerce intra-africain inexploité entre manufactures, minerais et machines. Les détails.

La Guinée se retire du projet de monnaie unique de la CEDEAO

La Guinée renonce à intégrer l'Eco, préférant conserver le franc guinéen afin de préserver sa souveraineté économique et sa politique monétaire.

Kenya : l’inflation poursuit sa progression en juillet

Au Kenya, l'inflation a atteint 6,5% en juillet, portée par la hausse des prix alimentaires, tandis que les prix des carburants sont restés stables.

Afrique de l’Ouest : quand l’argent peine à financer l’économie

La BAD estime que l’Afrique de l’Ouest souffre moins d’un manque de capitaux que d’une mauvaise circulation des ressources, entre faible fiscalité et épargne mal orientée.
pub