Véhicules électriques : le cap des 40% africains imposé par la Zlecaf

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Véhicules électriques : le cap des 40% africains imposé par la ZlecafUsine automobile (photo illustration). DR
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SolarTaxi veut transformer son site de Prampram, au Ghana, en une plateforme industrielle capable d’alimenter plusieurs marchés africains en véhicules électriques. Mais cette ambition se heurte désormais aux nouvelles règles d’origine de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui imposent une part minimale de valeur créée sur le continent pour bénéficier des préférences commerciales.

Connue également sous le nom de ST Mobility, l’entreprise ghanéenne, fondée en 2018 par Jorge Appiah, ambitionne de passer progressivement de l’assemblage de véhicules à une production davantage intégrée localement. Son projet représente un investissement de 4,5 millions de dollars, réparti en trois étapes, avec quatre lignes dédiées aux voitures, deux-roues, tricycles et bus de 40 places. L’objectif affiché est d’atteindre une capacité annuelle de 5.000 véhicules.

Le constructeur veut également évoluer d’un modèle Enhanced SKD, dans lequel les véhicules arrivent partiellement assemblés, vers le CKD, permettant de réaliser davantage d’opérations au Ghana.

Un marché local pour soutenir l’expansion

Cette montée en puissance s’inscrit dans la politique automobile ghanéenne, qui prévoit notamment des avantages fiscaux et douaniers pour les entreprises réalisant une part croissante de leur assemblage localement. SolarTaxi mise également sur des délais plus courts et des coûts réduits par rapport aux véhicules importés.

Lire aussi : ZLECAf : le Maroc renouvelle son engagement en faveur de l’intégration économique africaine

Pour développer ses ventes, l’entreprise cible notamment les chauffeurs de VTC, les flottes professionnelles et les opérateurs de transport public. Elle revendique actuellement un portefeuille de commandes de 179 millions de dollars.

Ecobank accompagne cette stratégie avec une facilité de financement d’actifs de 8,35 millions de dollars destinée aux deux-roues, voitures et bus. La banque participe aussi au financement des clients de SolarTaxi via Truzt, une plateforme intégrant notamment achat, crédit, paiement, entretien et recharge.

Le réseau panafricain d’Ecobank constitue par ailleurs un potentiel levier d’expansion pour SolarTaxi, qui vise notamment le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Sénégal et revendique déjà des ventes au Nigeria, au Togo et au Bénin.

La Zlecaf impose une nouvelle étape

Le principal enjeu concerne désormais les règles d’origine de la Zlecaf. Depuis février 2026, les véhicules doivent respecter un seuil selon lequel la valeur des composants et matières non originaires d’Afrique ne peut dépasser 60%. Pour bénéficier des préférences commerciales, environ 40% de la valeur du véhicule doit donc correspondre à un contenu ou à des opérations reconnus comme africains.

Ce seuil ne signifie pas que les composants doivent nécessairement être fabriqués au Ghana. SolarTaxi peut théoriquement intégrer des éléments provenant d’autres pays africains. Le défi reste toutefois important puisque l’entreprise dépend encore largement de composants et de véhicules provenant d’Asie, notamment de Chine.

Accra cherche parallèlement à renforcer les exigences de production locale. Le président John Dramani Mahama a annoncé le 15 septembre la préparation d’un seuil minimum de production locale pour les assembleurs souhaitant bénéficier de l’exonération de TVA. Le gouvernement a également approuvé une politique destinée à favoriser la fabrication de composants automobiles au Ghana.

Pour SolarTaxi, l’enjeu dépasse donc la simple capacité d’assemblage. L’entreprise devra augmenter la valeur créée au Ghana et, plus largement, en Afrique si elle veut utiliser pleinement Prampram comme plateforme régionale d’exportation.

Cette contrainte intervient alors que certains marchés ciblés accordent déjà d’importants avantages aux véhicules électriques importés. Au Togo comme au Bénin, les dispositifs fiscaux adoptés en 2026 réduisent fortement la taxation de ces véhicules, y compris lorsqu’ils proviennent de Chine.

SolarTaxi devra ainsi se différencier autrement : délais de livraison, financement en monnaie locale, maintenance, disponibilité des pièces et service après-vente. Son pari consiste désormais à faire de l’assemblage local non seulement un moyen de produire des véhicules, mais une véritable chaîne de valeur africaine.

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