Incendies, enlèvements : l’Algérie veut rétablir la peine capitale
Drapeau algérien © DR L’Algérie a franchi une nouvelle étape vers le rétablissement de l’exécution de la peine de mort. Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, a présenté lundi 21 septembre devant la Commission des affaires juridiques, administratives, des libertés et des droits de l’homme de l’Assemblée populaire nationale (APN) un projet de modification du Code pénal prévoyant notamment la peine capitale pour certains crimes d’incendie et d’enlèvement d’enfants.
Cette réforme intervient après les incendies meurtriers qui ont frappé plusieurs régions du pays durant l’été. Le président Abdelmadjid Tebboune avait demandé fin août au gouvernement de modifier rapidement le Code pénal afin de permettre l’exécution des personnes reconnues coupables d’incendies volontaires. Le projet présenté au Parlement élargit également la mesure aux personnes qui incitent, financent ou organisent ces actes, selon les autorités.
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Des dispositions renforcées pour les enlèvements d’enfants
Le texte prévoit également la peine capitale pour les auteurs d’enlèvements d’enfants, avec des circonstances aggravantes lorsque les faits sont accompagnés de torture, d’agression sexuelle ou de sévices. Le ministre de la Justice a justifié ces modifications par la nécessité de lutter contre des crimes considérés par les autorités comme une menace directe pour la sécurité, l’ordre public et la stabilité sociale.
Le projet intervient dans un pays où la peine de mort n’a jamais été juridiquement abolie, mais où aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993. Les tribunaux continuent néanmoins de prononcer des condamnations capitales. Selon les données d’Amnesty International pour 2025, l’Algérie a enregistré 11 nouvelles condamnations à mort et comptait au moins 273 personnes sous le coup d’une sentence capitale à la fin de cette année.