L’Observatoire social lance l’Indice africain du progrès social
Oumaima Mhijir, fondatrice et présidente exécutive de l’Observatoire social, Casablanca © DR L’Observatoire social, think & do tank non partisan basé à Casablanca, annonce le lancement de l’Indice africain du progrès social (IAPS), un nouvel outil destiné à mesurer le progrès social à partir des réalités économiques et sociales propres au continent africain.
Porté par Oumaima Mhijir, fondatrice et présidente exécutive de l’Observatoire social, l’IAPS part d’un constat : certains indicateurs traditionnellement utilisés pour évaluer le développement ne reflètent pas toujours les spécificités africaines. « Ne mesurons plus l’Afrique avec les lunettes des autres », résume l’initiative.
Le marché du travail illustre cette problématique. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 83% des emplois en Afrique et plus de 86% en Afrique subsaharienne relèvent de l’économie dite informelle. Pourtant, cette réalité demeure souvent insuffisamment intégrée dans les outils classiques de mesure du progrès social.
Même constat dans le domaine de l’inclusion financière. L’essor du mobile money transforme profondément les usages financiers sur le continent : l’Afrique subsaharienne représentait en 2025 plus des deux tiers de la valeur mondiale des transactions de mobile money, pour un montant de 1.400 milliards de dollars.
L’Observatoire social estime que ces réalités nécessitent une approche statistique davantage adaptée aux contextes africains, notamment pour mieux prendre en compte l’économie informelle, les régimes fonciers coutumiers et les mécanismes communautaires d’inclusion.
Inspiré de l’approche des « capabilities » développée par l’économiste Amartya Sen, et enrichi par les travaux de l’économiste Thandika Mkandawire sur les réalités africaines, l’IAPS se veut un outil évolutif plutôt qu’un modèle figé.
L’initiative est surtout présentée comme un projet de co-construction. L’Observatoire social invite chercheurs et statisticiens africains, universités, centres de recherche, instituts nationaux de statistique et institutions panafricaines à y contribuer. Les banques centrales, régulateurs, opérateurs télécoms, fintechs, collectivités locales, autorités coutumières, coopératives et organisations de la société civile sont également appelés à apporter leurs données et expertises.
Parmi les institutions susceptibles de contribuer figurent notamment CODESRIA, l’African economic research consortium, STATAFRIC, l’Institut panafricain de statistique de l’Union africaine et le Centre africain pour la statistique de la CEA.
A travers l’IAPS, l’Observatoire social entend ainsi ouvrir un chantier continental autour d’un objectif : construire des outils permettant de mieux mesurer le progrès social à partir des réalités africaines elles-mêmes.